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Festival Foutez-nous la paix !

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Un festival pour la paix, ancré dans l’histoire et la géographie, populaire, local et ouvert sur le monde. L’association Foutez-nous la paix !, composée d’une vingtaine de membres et créée en novembre 2019, organise depuis 2020 un festival annuel à Saint-Junien et sur le territoire de la Porte Océane limousine, du 21 au 31 octobre 2021 avec le soutien de La Mégisserie et du Ciné-Bourse.

Présentation

Baptiser un festival au moyen d’une expression populaire pour stigmatiser les guerres… Quelle drôle d’idée ! Elle dit pourtant l’urgence, l’importance de vivre en paix pour vivre heureux. Elle est l’apostrophe insolente adressée aux va-t-en-guerre, aux marchands d’armes, aux monstres froids qui nourrissent la misère des hommes. Elles est un cri qui résonne partout sur la planète.

Le constat est sans appel : la guerre prospère. Depuis 1990, entre 35 et 50 conflits armés ont lieu chaque année dans le monde. Certes, les affrontements interétatiques sont en recul, mais à mesure où disparaissait la frontière entre combattants et non-combattants, les civils sont devenus des cibles à part entière des bombardements, blocus, massacres, génocides et épurations ethniques. Et puis, à l’heure des chaînes infos et de l’omniprésence des réseaux sociaux, la guerre peut être médiatisée (Irak, Syrie...) ou oubliée (Yémen, Soudan du Sud...). La guerre c’est aussi les violences sur les corps et les esprits d’un système économique de plus en plus contesté.

Face à la montée des nationalismes et à la répression guerrière des pouvoirs en place, face aux enjeux planétaires de contrôle des ressources, face à la déshumanisation et à l’exil, Foutez-nous la paix ! se veut un rendez-vous populaire et exigeant d’éclairage sur les guerres, mais surtout de réflexion et d’action pour la paix.

Il y a urgence pour la paix. L’urgence pour le climat, l’urgence sociale ne disent pas autre chose : si l’on ne fait rien, la guerre s’imposera. La guerre pour les ressources, la guerre pour l’égalité (la lutte des classes diraient certains). Créer un festival engagé pour la paix prend tout son sens à l’aune des blessures de guerre subies dans la région et de la tradition de paix qui la caractérise (monuments contre la guerre, massacre d’Oradour-sur-Glane, Résistance…).

En 2020, nous avions notamment parlé de paix, 25 ans après la fin du conflit en Bosnie, mais aussi de la guerre d’Algérie. Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, était le parrain du festival. Sur une semaine de festival et malgré les mesures sanitaires, près de 700 personnes étaient présentes.

Si le festival se veut transversal, il s’appuie principalement sur la littérature, l’écriture, la photographie les sciences humaines, le cinéma et à d’autres formes d’expression populaire pour analyser la guerre sous toutes ses formes, ceux qui la créent, ceux qui la font et ceux qui la subissent, et pour populariser l’idée de paix, à travers son histoire, ses réalisations, ses hommes et femmes et ses espoirs.

En outre, chaque année un hommage est rendu à un militant de la paix disparu. Il se traduit notamment par la création d’un témoignage artistique ou par l’apposition d’un support dans l’espace public en lien avec la commune. Ainsi, au cours des années, des rues, des places, des jardins publics et autres lieux des communs de la POL constitueront un itinéraire de la paix sur notre territoire.
En 2020, nous avions honoré la mémoire du général de Bollardière, seul haut-gradé à avoir dénoncé la torture de l’armée française pendant la guerre d’Algérie.
Cette année, nous avons lancé avec le collège de Rochechouart un projet de construction de la cabane de Henry David Thoreau, l’un des pères de l’écologie et de la désobéissance civile ayant inspiré, entre autres, Gandhi ou Martin Luther King.

Saint-Junien accueille le festival, mais une partie de la programmation a lieu dans les villes voisines. Ce sera le cas cette année avec une soirée à Rochechouart, une balade littéraire en canoë à Saint-Victurnien et un repas à Saint-Brice.

ÉDITION 2021

Deux thèmes seront proposés : « Objection de conscience » et « Les USA ».

On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent
Mais on ne dit jamais rien de la violence
Des rives qui l’enserrent

Bertolt Brecht

Le vieil homme est fatigué. Il ne reconnaît plus rien. Lui revient en mémoire ce que disait cent cinquante ans plus tôt

Henry David Thoreau, le révolté solitaire

« À quoi sert une maison si l’on a pas une planète acceptable pour s’y établir ? » Pourtant, il rêve encore, comme Martin Luther King : « Je rêve qu’un jour, même l’État du Mississippi, un État où l’injustice et l’oppression créent une chaleur étouffante, sera transformé en une oasis de liberté et de justice. »

Old Man River... Le « Vieil Homme », le surnom donné au Mississipi. Porté par le courant du plus grand fleuve d’Amérique du Nord, nous traverserons les États-Unis, marqués au fer rouge par la colonisation, l’esclavage, d’innombrables guerres, la pauvreté, le racisme avec, ici et là, des havres d’espoir, de nouveaux imaginaires de progrès. Le temps du festival, Kathy Kelly et Medea Benjamin, pacifistes étasuniennes lauréates du Prix Gandhi pour la Paix, nous serviront d’éclaireuses après les sombres années Trump et les timides lueurs allumées par son successeur.

C’est un voyage au long cours que nous vous proposons cette année. Avec pour terminus la Vienne où la vie n’est pas un long fleuve tranquille non plus. Un voyage où vous pourrez découvrir le courage de jeunes refusant la guerre, devenir officiellement citoyen du monde (passeport compris !), vous essayer à la non-violence, rêver de paix avec Anatole le réparateur de cœurs et des soldats philosophes et farceurs, fredonner des airs de luttes avec le chanteur humaniste Serge Utgé-Royo, rire avec des cow-boys plus Dalton que Lucky Luke, ou encore pagayer aux côtés de l’écrivain baroudeur Eddy L. Harris.

De Saint-Louis à Saint-Victurnien, de Walden à Rochechouart, de Jérusalem à Saint-Junien, un même cri résonne, « Foutez-nous la paix ! » D’où vient cette apostrophe insolente adressée aux va-t-en-guerre, aux marchands d’armes, aux monstres froids qui nourrissent la misère des hommes ? De Geronimo et ses descendants, de Georges Floyd et tous ceux dont les vies comptent, des millions d’ouvrier.e.s qui ont perdu leur travail et ne le retrouveront plus jamais, ou encore de tous ces gosses qui meurent dans l’indifférence générale. Un enfant est tué par balle toutes les deux heures au pays de Mickey...

Vous l’aurez compris, le festival Foutez-nous la paix ! est un rendez-vous populaire et exigeant d’éclairage sur les guerres, mais surtout de réflexion et d’action pour la paix. Les États-Unis et l’objection de conscience seront au cœur de la deuxième édition du 21 au 31 octobre dans les rues de Saint-Junien, à la Mégisserie, au Ciné-Bourse, à la médiathèque, à l’Étoile bleue, au P’tit Bidule, et ailleurs sur le territoire. On s’interrogera sur la logique guerrière des États-Unis, sur leur sol et ailleurs dans le monde, sur les résistances à cette déshumanisation, sur l’américanisation de nos sociétés. On parlera d’endoctrinement de la jeunesse, de valeurs humanistes (oui ça existe encore !) à l’heure où un passage obligatoire en caserne est annoncé pour les lycéens français. Nous vous attendons nombreux avec des films, des spectacles, de la photographie, des débats, des ateliers, des balades… et avec à l’esprit les premières lignes du Préambule de l’Unesco.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

Quelques éléments de programme :

  • Une dizaine d’invités dont Serge Halimi (directeur du Monde diplomatique)
  • Exposition photo Refuzniks, Non à la guerre sur les jeunes Israéliens qui refusent de faire leur service militaire - Salle L. Teillet, Saint-Junien
    18-30 oct. / Vernissage 21 oct. 18 h 30 avec le photographe Martin Barzilaï
  • Projection films jeune public / patrimoine / avant-premières / débats
  • Pièces de théâtre sur la guerre (L’Étoile bleue) et sur le 11 sept. (Mégisserie)
  • Masterclass de Medea Benjamin, pacifiste US, Prix Gandhi pour la Paix / Soirée Citoyens du Monde / Salon de la paix (Mégisserie)
  • Expo BD « Géronimo, mémoires d’un résistant apache » Ciné-Bourse
    29/09 – 11/11 / Atelier BD avec les auteurs (23 oct.)
  • Atelier d’écriture, balade littéraire en canoë avec l’auteur US Eddy L Harris
  • Concert du chanteur engagé Serge Utgé-Royo (30 oct. Mégisserie)
  • Conférence gesticulée et stage sur la non-violence / 23 et 24 oct.
  • Spectacles de rue : Anatole réparateur de cœurs (marionnettes) et Sandy et le vilain McCoy (western burlesque) – Marché Saint-Junien / 23 et 30 oct.
  • Organisé avec La Mégisserie Ciné-Bourse

Avec le soutien de L’Étoile bleue, les Polyculteurs, le P’tit Bidule, Les Amis du Monde diplomatique, la revue Silence, les mairies de Saint-Junien, Rochechouart et Saint-Brice, POL, département...



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