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Les coopératives forestières dépassent les bornes !

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Le 19 avril dernier, à l’aube, à Aubusson, le groupe forêt du Syndicat de la Montagne limousine a mené une action pour dénoncer les pratiques des coopératives forestières ;

Aubusson, le 19 avril 2022.

Ce jour, quelques semaines après l’inauguration des nouveaux locaux de la Coopérative forestière Bourgogne-Limousin (CFBL) à Aubusson, des membres du Groupe Forêt du Syndicat de la Montagne limousine (SML) ont déroulé une banderole ayant pour intitulé « CFBL dépasse les bornes » sur la façade du bâtiment du nouveau site.

Cette action vise à dénoncer :
1°/ Certaines pratiques des coopératives forestières dont les intérêts économiques mettent toujours plus en danger les forêts diversifiées et leur écosystème.
2°/ Le volet forestier du plan de relance qui a été négocié par la filière bois avec le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, dans la plus stricte opacité durant l’été 2020. Comme le révèle l’enquête menée par l’association Canopée sur Le bilan caché du plan de relance forestier [1] ce plan s’apparente à une promesse de destruction des jeunes forêts diversifiées pour être remplacées par des plantations de résineux après coupe rase sur fonds publics.
3°/ Les pratiques de désinformation et de « greenwashing » [2] de la CFBL et de la filière bois lors de leurs communications (articles de presse ou site Internet).

Précieuse pour la construction, le chauffage ou encore le papier, la forêt peut fournir une activité utile à un grand nombre de personnes sur le territoire. Cependant les pratiques majoritaires des coopératives forestières et de la filière sont insoutenables au vu des enjeux actuels de la biodiversité et du climat, « elles dépassent les bornes » !

Coupes rases

Le Groupe Forêt du SML dénonce en particulier la pratique de la coupe rase (notamment des forêts de feuillus, dont la surface diminue à grande vitesse) suivie du dessouchage et de la mise en andain des souches et des résidus de coupe. Cette pratique entraîne la destruction des sols, des ressources en eau et de la biodiversité. La replantation des parcelles ainsi coupées à blanc en monoculture de résineux donne naissance à des plantations fragiles, pauvres en biodiversité et peu résilientes face au changement climatique. Ces pratiques mettent donc en péril l’avenir même de nos forêts, de la filière bois, des emplois associés et des habitants du territoire. Qui plus est, elles sont financées avec de l’argent public via le plan de relance forestier [3].

Le Groupe Forêt du SML souhaite également réagir face à une campagne de désinformation de la CFBL et de l’Union de la coopération forestière française. Des communications récurrentes tentent de faire croire que « certaines associations » exerceraient des violences à l’encontre des coopératives, des travailleurs de la forêt ainsi que des propriétaires de bois. Le Groupe Forêt tient à affirmer son attachement au dialogue avec les professionnels de la forêt et à la non-agression des travailleurs forestiers. L’action d’aujourd’hui vise bien à dénoncer des pratiques violentes pour le vivant. N’inversons pas les responsabilités !

Greenwashing

Enfin le Groupe Forêt du SML dénonce le greenwashing des coopératives forestières comme la CFBL, autre forme de désinformation. Sur son site Internet, la coopérative forestière prétend améliorer les forêts, « pour ses adhérents, pour la société et pour les générations futures » et contribuer « à la lutte contre le réchauffement climatique ». La CFBL est aussi signataire de la Charte forestière de territoire du Parc naturel régional de Millevaches qui prévoit « l’amélioration de la résilience des écosystèmes forestiers et de la filière bois ». Sur le papier, ces engagements sont tout à fait honorables. Mais sur le terrain, les pratiques diffèrent et parfois l’écart s’apparente à un précipice. Sur le site de la CFBL on peut même lire que la pratique de la coupe rase recrée une diversité, renouvelle les forêts et permet même, à terme, de les préserver [4].

Difficile de croire de telles affirmations quand on s’intéresse de plus près à cette pratique. En même temps, on peut toujours croire au Père Noël... Cela n’a rien d’étonnant venant de marchands de sapins.

Ce double-discours doit cesser : le Groupe Forêt du SML attend de la part des coopératives forestières qu’elles prennent leurs responsabilités et se soumettent à un dialogue démocratique pour répondre aux attentes de la société civile au regard de la crise écologique et sociale en cours.



Notes

[1Rapport de Canopée pouvant être consulté sur le lien suivant : https://www.canopee-
asso.org/wp-content/uploads/2022/03/Canopee_Bilan-Plan-de- relance.pdf

[2Greenwashing ou « écoblanchiment » : procédé utilisé par une organisation pour se donner une image trompeuse de responsabilité écologique. Très souvent, en pratique, les actions de l’organisation faisant du greenwashing polluent ou détruisent l’environnement.

[3Voir rapport de Canopée mentionné ci-dessus.

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