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Non à la ferme des 3100 bovins de Peyrilhac !

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Vous avez probablement vu passer l’info dans la presse locale et nationale : la société T’Rhéa (groupe Carnivor, basé dans les Bouches-du-Rhône, 61 sociétés filiales) a pour projet de créer un centre d’engraissement de bovins à Peyrilhac.

Le titre de cet article de France Bleu, à lire en cliquant ici, est éloquent : « Haute-Vienne : un projet de ferme de 3100 bovins fait polémique à Peyrilhac »

... et il y a de quoi faire polémique !

C’est pourquoi Terre de Liens Limousin, avec ses partenaires, organise une réunion publique le jeudi 11 avril prochain à 19h30, à la salle polyvalente de Peyrilhac afin d’informer le grand public.

Une enquête publique en cours

Les services de l’État ont lancé une enquête publique le 11 mars dernier concernant ce projet et ses impacts environnementaux. Le public est donc appelé à donner son avis avant le 12 avril prochain, en ligne via le site de la Préfecture de la Haute-Vienne ici.

➔ Dans le cadre de cette enquête publique, nous vous encourageons vivement à exprimer votre désaccord avec ce projet que nous n’hésitons pas à qualifier d’industriel !

Un groupe de bénévoles Terre de Liens Limousin, avec l’aide d’un riverain, de bénévoles de Saint-Junien Environnement, LNE, les Amis de la Terre et des paysans de la Confédération paysanne 87 ont étudié le dossier.

Voici nos principaux arguments pour nous positionner contre ce projet :

  • Agro-industrie : le modèle que propose T’Rhéa est basé essentiellement sur l’exportation de jeunes bovins en Italie et en Grèce, bien qu’ils revendiquent la constitution d’une « filière locale ». Le groupe va capter la valeur ajoutée, les retombées pour l’économie locale seront quasi-nulles, l’exploitation sera assurée par des ouvriers agricoles sans pouvoir de décision. Un modèle intensif qui va épuiser les ressources naturelles et les hommes.
  • Impacts environnementaux :
    • 2500 bêtes seront engraissés en bâtiment, avec une production hors-norme de fumier, alors que le site est localisé proche d’étangs et cours d’eau.
    • L’alimentation arrivera par camions entiers engendrant un trafic important et des nuisances pour les riverains.
    • Une partie de la ration sera constituée de tourteaux de soja en provenance d’Amérique et d’Argentine.
    • L’autre partie de la ration sera assurée par des céréales en provenance de Charente, de la Vienne et des Deux-Sèvres. C’est donc un système d’alimentation du bétail complètement hors-sol qui est proposé, à l’exception de 600 vaches en fin de parcours qui assureront le pâturage des 605 hectares de surface agricole.
  • *T’Rhéa a surtout besoin des 605 hectares pour épandre une partie du fumier produit, mais 5500 tonnes de fumier par an seront acheminés à 30Km de Peyrilhac, sur la commune de Saint-Laurent-sur-Gorre, où un projet de méthaniseur est en cours.
    • Là encore, c’est un balai de camions (plus de 15 tonnes de fumier par convoi) incessant qui dégradera la voirie.
    • Dans le dossier, il est bien indiqué que le méthaniseur ne peut voir le jour sans l’apport de fumier en provenance de la ferme T’Rhéa de Peyrilhac. Inversement, la ferme de Peyrilhac a besoin d’un exutoire pour son fumier.
    • Alors que les deux projets n’ont pas été validés, le GAEC de Saint-Laurent-sur-Gorre et la société T’Rhéa ont d’ores et déjà signé un accord de partenariat : est-ce que tout est déjà fait ? C’est le sentiment qui ressort de la lecture du dossier.
    • T’Rhéa affirme réduire les impacts environnementaux (moins d’engrais, moins de pesticides, moins d’émission de CO2) et revendique une démarche « agroécologique ». Pourtant, le dossier n’affiche aucun indicateurs de départ : il n’y a pas d’état zéro pour mesurer l’effort de réduction sur les engrais, sur l’utilisation de pesticides, sur l’émission de CO2. Pas de bilan carbone non plus ! Si rien n’est mesuré au départ, pas de réduction possible, c’est le b.a.-ba.
    • Enfin, la préfecture de la haute-Vienne n’a pas jugé bon de faire appel à la Mission régionale d’autorité environnementale pour émettre un avis sur le projet : Nous préconisons que la MRAE étudie conjointement l’impact environnemental des projets de T’Rhéa et du projet de méthaniseur à Saint-Laurent-sur-Gorre, puisqu’ils ne peuvent pas voir le jour l’un sans l’autre. Leurs impacts sont liés, c’est gravé dans le marbre par l’accord signé entre ces deux parties.
  • Question de l’eau :
    Le projet prévoit la constitution d’une réserve de près d’1 hectare, alimentée par la récupération des eaux de pluies sur les toitures des 10 grands bâtiments existants. Cette eau servira à abreuver les bêtes et ne bénéficiera donc plus au milieu naturel. La société T’Rhéa affirme que la réserve suffira pour abreuver les bêtes : rien n’est moins sûr avec le réchauffement climatique. Mais T’Rhéa a tout prévu dans le dossier : « La possibilité de réaliser le forage est tout de même conservée au cas où un besoin supplémentaire d’approvisionnement en eau se ferait sentir. » ➔ Nous avons la réponse : le besoin se fera sentir et le forage verra le jour avec un impact potentiel sur les milieux naturels et in fine sur l’eau potable.
  • Accaparement des terres :
    Dans le dossier, la société T’Rhéa affirme : « La société T’RHEA sera le propriétaire de tous les sites exploités. »
    Pourtant, le cédant, M Thomas, ne possède que 56 hectares sur les 605 hectares de son exploitation dont il jouît par contrat de fermage. D’autres propriétaires de terres agricoles sont donc concernés, mais certains ne sont pas au courant du projet. Comment est-ce possible ?

In fine T’Rhéa veut tout contrôler, aux détriments de l’installation de nouveaux paysans ou du renforcement d’autres agriculteurs du secteur qui pourraient avoir besoin de quelques hectares de terres complémentaires pour subsister.
La carte des terres concernées par le projet montrent qu’elles sont très morcelées, des regroupements peuvent avoir lieu en faveur des paysans en place ou de candidats à l’installation. La SAFER a un rôle à jouer ! Si T’Rhéa rachète tout, c’est de l’accaparement de terres pur et simple.

Terre de Liens organise une réunion publique le 11/04

Afin d’ouvrir le débat aux premiers concernés, les habitants de Peyrilhac et Nieul, Terre de Liens Limousin, avec ses partenaires, a décidé d’organiser une réunion publique sur le thème « Ferme de 3100 bovins à Peyrilhac : quel modèle agricole voulons-nous ? ».

Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 11 avril 2024 à 19h30 à la salle polyvalente de Peyrilhac (à côté du stade - 12 rue Léo Lagrange)