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Charity business défiscalisé pour les moines traditionalistes de Solignac à l’Opéra de Limoges

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Article paru sur le site de l’association Soliniaque

Les moines traditionalistes de Solignac à l’Opéra de Limoges.

Le diocèse de Limoges organise « Limousins Solidaires », une soirée de collecte de dons au profit de 9 causes locales dont la plupart sont explicitement liées au milieu catholique. Parmi ces bénéficiaires, on retrouve le Prieuré Saint-Joseph de Solignac, et son projet d’accueil de retraitants.

Malgré le ton angélique de la courte vidéo destinée à promotionner l’entreprise, rappelons que les retraites réservées aux hommes proposées par les moines de Solignac sont des retraites jésuites détournées de leur usage au service d’une propagande politique. Elles ont été récupérées par l’extrême droite nationale catholique de la seconde moitié du XXe siècle, et sont depuis devenues un outil apprécié du traditionalisme contemporain, destiné à former les laïcs à porter leurs valeurs catholiques intransigeantes dans la société civile.
Rappelons également que depuis l’arrivée de la communauté bénédictine à Solignac, la culture a été bannie de l’église communale : arrêt de 40 ans de concerts aux chandelles, fin du festival 1001 notes, fins des concerts et chorales locales associatives, etc.

Dans ce contexte, voir l’Opéra de Limoges (à la fois emblème culturel et établissement public administratif) accueillir un évènement qui participera pour partie à financer ce projet religieux réactionnaire et obscurantiste a de quoi interroger…
Les moines traditionalistes de Solignac bénéficiaires de la Nuit du Bien Commun version limougeaude.
D’Ignace de Loyola au National-catholicisme de Jean Ousset en passant par les retraites du Père Vallet.

Une proximité revendiquée avec la « Nuit du Bien Commun » qui va au-delà de la simple « inspiration ».

La réclame sur le site du diocèse précise que «  l’événement est tout droit inspiré de La Nuit du Bien Commun  ».

En réalité la proximité avec la nuit du Bien Commun va au-delà de la simple inspiration, puisqu’en dépit de l’absence d’information à ce sujet, c’est tout une partie de la logistique de l’événement qui est directement assurée par la franchise. On retrouve en effet une page d’appels aux dons hébergée directement sur le site des nuits du Bien Commun, ainsi que le nom de domaine limousins-solidaires.fr enregistré par la start-up Obole Digitale, ou encore la location de l’Opéra de Limoges par cette même société…
Le Bien Commun héberge une partie de l’appel au don de la nuit du Bien Commun Limougeaude bénéficiant aux moines traditionalistes de Solignac.
Le nom de domaine de limousins-solidaires.fr enregistré par la société Obole Digitale de la nuit du Bien Commun.
Le diocèse de Limoges, au delà de la simple inspiration des nuits du Bien Commun bénéficie de leur logistique par le biais de la société Obole.

Des soirées « aux airs de France éternelle et catholique ».

L’événement La nuit du Bien Commun existe depuis 2017. Initialement soirée unique au théâtre Mogador à Paris, il a depuis essaimé dans d’autres villes.

Ces soirées rassemblent un parterre représentatif d’une France conservatrice qui se soucie de la préservation du patrimoine et de l’éducation des générations futures […] lorsque l’on creuse donc un peu le sujet, on se rend vite compte que gravite autour de cet événement tout un ensemble hétéroclite reliant des réseaux catholiques – tendance tradi –, une partie de la grande bourgeoisie conservatrice, la start-up nation sous sa forme serre-tête/marinière et… Eric Zemmour.

«  Plus largement […] la Nuit du Bien Commun bénéficie d’un réseau très bien constitué avec des soutiens médiatiques issus du groupe Bolloré. » Des chaines du groupe sont d’ailleurs soutien de l’évènement (CNews, C8..), et certains de ses présentateurs l’animent.

On retrouve également dans ces réseaux la vieille aristocratie française, dont le Prince Louis de Bourbon, prétendant au trône de France, des associations vendéennes liées au Puy du Fou, des personnalités issues de l’Armée et des organisations catholiques comme par exemple Caritas, spécialisé dans l’action caritative chrétienne.

Un fondateur « catho, tradi, réactionnaire et libertarien », proche de l’extrême droite.

Les nuits du Bien Commun ont été co-fondées par Pierre-Edouard Stérin un homme d’affaire, milliardaire, « catho, tradi, réactionnaire et libertarien », sorte de Bolloré bis et exilé fiscal proche de l’extrême droite française.
Nous l’avions déjà évoqué ici, puisqu’il est aussi l’initiateur du projet communautariste chrétien avorté Monasphère, duquel le diocèse de Limoges et l’abbaye de Solignac étaient partenaire.

Obole : la « start-up de levée de fonds liée à la ChurchTech ».

Autre co-fondateur des nuits du Bien Commun : Stanislas Billot de Lochner.

Issu d’une famille aristocratique, son père est un ancien banquier devenu président d’associations et de think-tanks proches de l’Opus Dei et de Civitas, défendant les racines chrétiennes de la France. Stanislas est engagé avec son épouse dans l’utilisation de ce nouveau média qu’est l’Internet pour développer la foi catholique, fondant il y a quelques années le site Obole.eu.

Obole accompagne les soirées de levée de fonds des nuits du Bien Commun, et celle de Limousins Solidaires.

Des partenaires qui se désengagent.

Informés de la réalité du projet au delà de la façade philanthropique, certains partenaires se sont désengagés. C’est le cas cette année de la municipalité de Marseille et de la Fondation de France.