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À Limoges, l’extrême droite multiplie les actions violentes

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Depuis quelques mois, des militants d’extrême droite multiplient les provocations et les agressions à Limoges. Portées par le potentiel succès du Rassemblement national, ces intimidations perdurent dans le contexte de la campagne législative.

Sud de Limoges (87), mercredi 19 juin – Une douzaine de militants du Nouveau Front populaire s’affairent à du porte-à-porte en cette fin de journée. Presque tous vivent une première expérience de campagne et découvrent l’engagement politique. Après plus d’une heure dans le Sablard, un quartier résidentiel flambant neuf, le groupe décide de conclure leur opération par un dernier complexe d’immeubles.

« Lorsqu’on arrive devant le bâtiment, un mec à sa fenêtre se met à crier : “Il y a la gauche ! Il y a la gauche !” », raconte Benoît [1], superviseur officieux de l’équipe. Dans la foulée, l’individu quitte son appartement et se rue à l’extérieur, tandis qu’une voiture sort du parking résidentiel pour s’immobiliser à une vingtaine de mètres des militants. L’homme de la fenêtre rejoint le conducteur, et les deux se dirigent vers le coffre. « Là, ils ont sorti deux battes de baseball et ont mimé des coups en parlant de nous. On sentait qu’à deux, ils n’allaient pas s’attaquer à douze personnes. Mais s’ils étaient plus, ils auraient attaqué sans hésitation », continue Benoît.

L’intimidation fonctionne : les militants partent sans se faire prier. Et l’épisode confirme ce que les militants de gauche sentaient déjà : un climat de plus en plus hostile dans cette ville de naissance de la CGT, bastion historique de la Résistance sous Vichy et longtemps une terre de gauche. Car depuis quelques années, en parallèle d’un basculement droitier et de la poussée du Rassemblement national dans le département, la cité porcelainière redécouvre les agressions ou les intimidations de l’extrême droite. « La situation s’est nettement tendue sur le terrain », confie Adrien Carré, directeur de campagne du député LFI de Haute-Vienne Damien Maudet, candidat à sa propre réélection pour le Nouveau Front populaire :

Désormais, les équipes de militants envoyés sur le terrain pour tracter ou faire du porte-à-porte sont minimum cinq, avec une personne chargée de faire le guet et une autre restant dans la voiture au cas où ça déraperait.



Notes

[1Les prénoms ont été changés.