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Montagne-pellets : appel à créer des comités locaux

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Non à la montagne-pellets a fait le choix d’utiliser toutes les voies légales pour empêcher le projet CIBV de voir le jour. Pourtant, nous sommes bien forcés de constater que s’appuyer uniquement sur des processus « démocratiques » est illusoire. En effet, malgré tous les arguments apportés par les habitants du territoire et les associations environnementales lors de l’enquête publique, la question de l’approvisionnement, qui dépasse un simple problème de nuisances causées au voisinage immédiat du site de Bugeat-Viam, a été délibérément mise de côté. C’est pourtant bien la pratique forestière que cette usine va impliquer à l’échelle de tout un territoire qui pose problème.

Décentraliser la contestation

C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il faut décentraliser la contestation et l’étendre à tous les lieux qui subiront directement les nuisances causées par l’approvisionnement : le dessouchage après coupes rases, les plates-formes intermédiaires de broyage, la circulation accrue des poids lourds, les dégâts causés sur les routes, tout ce sur quoi il n’a pas été jugé bon de consulter les habitants.

Par ailleurs, les contributions à l’enquête publique ont montré que le territoire était clairement divisé ; division qui ne s’est pour autant pas retrouvée parmi les élus, puisqu’ils soutiennent quasi unanimement le projet. Ils ont fait là la démonstration qu’ils ne représentaient plus une partie de leurs administrés. Cette soumission à un pouvoir arbitraire extérieur qui voudrait imposer un modèle de type extractiviste et colonial, dicté par les besoins des métropoles, pose au grand jour la question de la légitimité des habitants des territoires concernés à décider de leur avenir.

S’opposer au modèle industriel

Partant de ces constats, nous pensons que la contestation doit maintenant prendre une autre dimension en multipliant ses moyens d’intervention, au-delà des actions de Non à la montagne-pellets, et tirer les conséquences des méthodes employées pour nous imposer un projet au mépris de la contestation et de l’exigence d’un débat éclairé. Il ne s’agit plus seulement de s’opposer séparément à chaque nouveau projet néfaste, mais d’envisager quel type de rapport social s’oppose au modèle industriel prédateur présenté comme inéluctable. C’est pourquoi nous appelons les habitants des territoires concernés à créer des comités locaux autonomes et/ou à prendre les initiatives qui leur sembleront pertinentes, non seulement pour lutter contre CIBV à travers des actions concrètes, mais aussi pour mener des réflexions plus générales sur la forêt, pour répondre à la question de la dépossession de nos espace de vie, pour sortir de l’impuissance et dépasser le stade de l’indignation sans conséquence.

Quels usages de la forêt

Ces comités, ces initiatives pourraient notamment s’intéresser aux usages locaux de la forêt, mettre en place des ateliers de réflexion à partir des autres thèmes soulevés depuis le début de la contestation (emploi, désertion et repeuplement du territoire, propriété, usages, etc.), organiser des rencontres, s’intéresser aux chantiers forestiers sur leur commune.

Le rassemblement estival que nous sommes en train de mettre en place pourrait être une première occasion d’étendre les perspectives ouvertes par ces comités locaux et ces initiatives, de mettre en commun nos réflexions et nos idées d’actions à mener contre CIBV... et son monde !
Au mois de septembre, la Fête de la montagne limousine pourrait aussi être un moment de convergence et de mise en partage pour tout ce qui aura commencé à se structurer d’ici là. C’était d’ailleurs un des objectifs qui avaient émergé de la thématique forêt lors de la Fête de la montagne 2017.



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