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Abdel enfermé, la mairie occupée

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Suite du rassemblement en soutien à Abdel mis en centre de rétention lundi 17 septembre.

Lundi 17 septembre à 10 heures un rassemblement de deux cents personnes avait lieu devant la préfecture de Guéret pour exiger un rendez-vous suite à la convocation d’Abdel à la gendarmerie à 14 heures l’après-midi même pour être placé en centre de rétention. Abdel vit depuis un an à Faux-la-Montagne, est parfaitement intégré à la vie locale, y participe activement, est accueilli comme un grand frère au sein d’une famille de trois enfants. Après Noordeen, la préfète de la creuse, Magali Debatte, s’entête à vouloir mener une politique d’expulsion systématique des « dublinés ».

Après les demandes vaines de rendez-vous avec elle et la fermeture des grilles de la préfecture, les soutiens venus de Faux-la-Montagne, du plateau, de Limoges et d’autres parties du Limousin décident de se diriger vers la mairie, batucada en tête, et... l’occupent. La salle de réunion sert alors d’agora où l’on discute des événements et de la suite à donner à l’action sous l’œil plutôt bienveillant du maire. Un communiqué est diffusé à la presse « depuis la mairie occupée de Guéret » (voir plus bas). Il est ensuite décidé de pique-niquer sur place et qu’une partie des manifestants resterait dans la mairie pendant que le gros des troupes accompagnerait Abdel à la gendarmerie. Abdel arrive accompagné de ses ami-e-s proches à la mairie et un cortège traverse Guéret avec lui jusqu’à la gendarmerie de Guéret, toujours mené par la batucada déchaînée. Devant la gendarmerie, moment de flottement et d’émotion et aussi de malaise quand il s’agit de laisser entrer Abdel à l’intérieur. On a un peu l’impression de l’avoir accompagné pour le livrer dans les bras de ses bourreaux. Il y a toujours près de deux cents personnes, il est décidé de se positionner devant toutes les sorties possibles. Au bout d’un peu plus d’une heure d’attente une voiture de la gendarmerie exfiltre Abdel par une des sorties malgré l’opposition résolue d’une trentaine de personnes se trouvant devant cette porte. Gazage, bousculades, coups furent nécessaires pour faire passer la voiture. Une vidéo d’une partie de l’exfiltration en force est disponible ici.

Tous les manifestants se retrouvent ensuite et se dirigent à nouveau vers la mairie où une nouvelle réunion a lieu dans un bel exercice de démocratie directe. Il est décidé de poursuivre l’occupation jusqu’à ce que la préfète change d’avis. Malgré tout la mairie est "libérée" ce mardi matin après le petit déjeuner et surprise ! la préfète accepte de recevoir une délégation à 10 heures, un nouveau rassemblement a lieu pour appuyer ce rendez-vous.
A suivre...

Mise à jour mardi 14 h 30

La délégation a été reçue mais comme elle refusait de sortir tant qu’il n’y ait pas de proposition concrète au-delà de la langue de bois habituelle, elle a été "accompagnée" dehors.


P.-S.

Communiqué du 17 septembre 2018 12h depuis la Mairie occupée de Guéret
NON AUX EXPULSIONS ! OUI À L’ACCUEIL !

Depuis la mairie de Gueret occupée,
nous, habitant-e-s de la montagne limousine et de Creuse, réuni-e-s à Guéret ce matin pour protester contre l’entêtement de la préfète Magalie Debatte, à vouloir enfermer puis expulser nos ami-e-s exilé-e-s, avons décidé d’occuper la mairie de Guéret.
En effet après une vaine tentative d’être reçu par la préfète ou son secrétaire général, qui a lâchement fui devant nous, et nous trouvant de cette position si commune aujourd’hui de ne trouver nul part un interlocuteur, de rendre à la mairie de Guéret sa vocation initiale de maison commune. Nous invitons toutes celles et ceux qui sont révulsé-e-s par la politique migratoire du gouvernement à nous rejoindre pour exiger, pour commencer, que la préfète révise son jugement en accordant à Abdel le droit de demander l’asile en France, et qu’elle cesse de harceler les quelques exilé-e-s qui ont trouvé refuge en creuse sur la montagne limousine.
Nous maintenons cette occupation jusqu’à ce que soit fait droit à nos demandes


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