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Non aux expulsions d’exilé.e.s ! Solidarités montagnardes avec les 3+4 de Briançon

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Déclaration depuis la fête de la Montagne limousine

A la frontière franco-italienne, des lieux refuges et des personnes solidaires tentent de rendre moins terrible l’exode des migrant.e.s fuyant l’Italie où les conditions de non accueil se sont encore détériorées avec l’arrivée du gouvernement d’extrême droite de Mateo Salvini. Face à eux, policiers, gendarmes et fascistes occupent la montagne. En effet, le 22 avril dernier, contre la présence de la milice néofasciste Génération Identitaire au col de l’Echelle, une marche transfrontalière de protestation, ralliée par des migrant.e.s, a entraîné l’arrestation et l’inculpation de sept militant.e.s. Ils et elles risquent dix ans de prison, poursuivis pour « passage en bande organisée » (les 3+4 de Briançon). Leur procès aura lieu le 8 novembre à Gap, dans le Hautes-Alpes. Tous les récits attestent de l’inhumanité croissante des conditions de vie et d’accès aux droits pour les exilés, de l’autre côté des Alpes. C’est le sens d’une plainte collective contre l’État Italien déposée par des migrant.e.s du collectif Al Mamba de Marseille, c’est aussi le sens des luttes contre les expulsions dites de « Dublin » (de « ré-admission en Italie ») comme à Faux-la-Montagne, Guéret et ailleurs...

Il ne faut pour autant pas oublier que ce qui se dit sans fard en Italie par le gouvernement Salvini, n’est autre que l’esprit et la lettre de la politique migratoire européenne qui organise la déportation systématique des migrants vers l’Italie. Les précautions oratoires des libéraux bon teint allemands et français qui s’offusquent des dérapages verbaux de Salvini cachent mal leur hypocrisie de fond et leur totale responsabilité dans la fermeture des frontières intérieures et extérieures de l’Union européenne. Les récents événements autour du bateau de sauvetage l’Aquarius, ainsi que les conséquences de la nouvelle loi Asile et Immigration, en sont la preuve patente. Mais, au-delà des scandales médiatiques, la réalité est telle qu’aujourd’hui les réfugiés sont plus que jamais sous contrôle, fichés, désinformés, enfermés, expulsés. Suite au démantèlement de la jungle de Calais, s’institue sur l’ensemble des territoires français et européens des centres de tri et de rétention, comme les Prahda et les CAO, qui isolent et rendent invisible les politiques xénophobes légitimées par la généralisation de l’usage de l’abominable procédure Dublin.

Nous, habitant.e.s et ami.e.s de la Montagne limousine, réaffirmons qu’il n’y aura pas d’expulsions sur le plateau de Millevaches et soutenons toutes les dynamiques, petites et grandes, d’accueil inconditionnel et de solidarité qui subissent la répression et résistent partout à l’ombre des politiques d’État. Ici et ailleurs, fédérons-nous en soutien aux exilés, car ils et elles ont tout autant besoin d’être accueillis que nous avons besoin d’apprendre à les accueillir.

Assemblée plénière de clôture de la Fête de la Montagne limousine.