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Mardi 5 février, entre action et déception

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Le mardi 5 février une manifestation interpro était prévue le matin, elle a rassemblé plus de 3 000 personnes. Départ du carrefour Tourny pour faire le même tour plan-plan que d’habitude avec un détour par les impôts et le rectorat et terminer devant la préfecturef. La manif s’est terminée sur deux prises de paroles : la CGT appelait à un « véritable » débat à la Maison du peuple et des gilets jaunes appelaient à bloquer le centre de tri de la poste à 15 heures. Celui-ci ayant déjà été bloqué par une vingtaine de personnes le matin.

Ouvert à tou·te·s, le « véritable » débat de la CGT a rassemblé près de 120 personnes. Preuve que l’idée d’avoir des lieux communs où se rassembler et construire ensemble le mouvement actuel attire et motive du monde. Pourtant, ce débat a semblé être une parodie du débat organisé par Macron : un livret était à disposition avec des thématiques semblables à celles du gouvernement et l’organisation de la lutte locale n’était pas à l’ordre du jour. Rapidement, une partie des personnes venues à l’assemblée ont protesté contre ce débat inoffensif qui se calque sur l’agenda politique du gouvernement et ont posé concrètement la question des moyens d’action du mouvement. Les prises de parole se multiplient avec appel à l’insurrection plutôt que la négociation, idées d’occupation de la Maison du peuple vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour qu’elle puisse réellement être une Maison du peuple, volonté d’organiser des blocages, d’enfin s’unir largement contre le gouvernement et le patronat... D’un autre côté des personnes sont venues pour le débat et soit prennent la « défense » de la CGT et de sa position dans la lutte actuelle, soit ignorent la question de l’organisation pour tenter de parler encore de ce qui nous révolte et d’idéaux divers sans évoquer d’intention de se donner les moyens de les atteindre. Au bout de deux heures plus de la moitié des personnes étaient parties. Malgré tout ce fut un moment qui permit des rencontres entre des univers militants parallèles et de pouvoir avancer et entendre des prises de positions diverses. Plusieurs prises de paroles ont appelé à rejoindre le blocage du centre de tri postal qui était en cours et de continuer les échanges sur place mais finalement peu de personnes l’ont rejoint.

Pendant ce temps entre 60 et 80 gilets jaunes ont bloqué le centre de tri postal assez facilement et plusieurs heures. Ne s’empêchant pas de discuter devant les entrées et les palettes. Le courrier a du être détourné vers la Dordogne occasionnant 24 à 48 heures de retard. Avec trois mois de retard la CGT propose un débat alors que, dans l’action, sur les ronds-points et dans les manifs, les débats sont plus présents que jamais. D’ailleurs des syndiqué·e·s de partout participent au mouvement et n’attendent pas de consigne ou de validation des centrales. Espérons que ce mouvement puisse continuer de se construire en diversité et en force d’action.

Continuons le début.



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