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Portrait de militants : Adrien Perrissaguet

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Né le 22 avril 1898 à Limoges (Haute-Vienne) et mort le 14 janvier 1972 à Limoges ; ouvrier en chaussures ; syndicaliste et militant anarchiste.

Adrien Perrissaguet, qui était né au Mas Loubier, un quartier ouvrier de Limoges, et qui résidait 20 Clos-La-Bregère, fut longtemps secrétaire du groupe anarchiste de Limoges.

En 1922, il fut parmi les militants anarchistes et syndicalistes qui enfoncèrent la porte de la prison de Limoges pour protester contre l’incarcération d’un militant. Il fonda le syndicat autonome des Cuirs et Peaux dont il fut le secrétaire. Meilleur ouvrier formier de Limoges, il était très recherché par les fabricants. Inculpé de coups et blessures, provocation à l’attroupement et menaces de mort, à la suite d’une « conduite de Grenoble » infligée au directeur d’une usine de chaussures qui avait fait licencier deux ouvrières, il fut condamné à un mois de prison.

Animateur en 1927 du comité Sacco et Vanzetti créé en Haute-Vienne, il fut l’un des organisateurs de la manifestation qui parcourut la ville quand parvint la nouvelle de l’exécution des deux anarchistes italiens.

Ami personnel de Sébastien Faure* depuis le lendemain de la Première Guerre mondiale, il l’accompagnait souvent dans ses tournées de conférences à travers le sud-ouest. Il devint trésorier de l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA) née de la scission qui, sous l’impulsion de Sébastien Faure, s’opéra dans les rangs de l’Union anarchiste communiste au lendemain du congrès de Paris (30-31 octobre, 1er novembre 1927), et qui se donna comme objectif de combiner dans « une sorte de synthèse » les trois courants anarchistes : l’anarcho-syndicalisme, le communisme libertaire et l’individualisme anarchiste. Perrissaguet fut également chargé à partir d’octobre 1928 de l’administration de la Voix libertaire (n° 1, mai 1928, n° 394, juillet 1939), organe de l’AFA, lorsque le journal s’installa à Limoges. A partir de mai 1930, L. Chabaudie lui succéda dans ces fonctions.

A. Perrissaguet créa, le 14 janvier 1933, un groupe intercorporatif de la CGT-SR, le syndicat unique des travailleurs de Limoges. Secrétaire de l’Union départementale CGT-SR de la Haute-Vienne, Perrissaguet fut également chargé à partir de 1933 de l’impression du Combat syndicaliste, l’organe de la CGT-SR. En 1936, il devint l’administrateur de ce journal qui, de mensuel, de décembre 1926 au 25 avril 1933, devint hebdomadaire à partir du 12 mai 1933 et le demeura jusqu’au 19 mars 1937.

Il fut candidat abstentionniste, libertaire et antiparlementaire aux élections législatives de 1932. Il accueillit les militants espagnols pourchassés Francisco Ascaso, G. Jover et Bonaventura Durruti* et fit un voyage clandestin en Espagne qui lui valut de voir sa tête mise à prix par la dictature de Primo de Rivera.

En 1936 il demeurait 96 rue Victor Thuillat et était le responsable des éditions de la CGT-SR. Quand éclata la guerre civile espagnole, il fut envoyé à Barcelone comme observateur par la CGT-SR et l’Association internationale des travailleurs (AIT). Il fut délégué du groupe de Limoges au congrès constitutif de la Fédération anarchiste de langue française en 1936 à Toulouse.
Résistant sous l’occupation allemande, il milita, après la Libération, au Comité pour l’Espagne libre ainsi qu’à la Libre pensée dont il fut trésorier fédéral du groupe limousin. Il prit part à l’organisation du congrès de la Fédération anarchiste française qui se tint à Limoges les 29 et 30 mars 1970.

Victime d’un accident de la circulation – il avait été renversé par une voiture alors qu’il circulait en moto – le 5 décembre 1971, Adrien Perrissaguet mourut à l’hôpital de Limoges le 14 janvier 1972. Il a été enterré au cimetière de Louyat. Il avait accompli son dernier acte militant le 1er décembre précédent en allant témoigner de sa solidarité aux travailleurs lockoutés d’une imprimerie limousine.


P.-S.

Biographie tirée du Maitron-en-ligne.