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Manif pour le rail et convergence des luttes : pas si facile

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Plus de 200 personnes se sont rassemblées tout d’abord devant la gare de Limoges ce samedi 30 novembre après-midi pour une action convergente « Sauvons nos trains ». Des collectifs de défense des lignes locales et des Gilets jaunes d’Eymoutiers, Ussel, Saint-Junien, Bellac et même Périgueux sont venus, la plupart du temps en négociant un trajet collectif gratuit. Prises de paroles avec les cheminots devant la gare, distribution de tracts, café et crêpes solidaires pour défendre les lignes menacées : la 26, Limoges-Ussel, la 23, Limoges-Saint-Yrieix-Objat-Brive, la 18, Limoges-Saint-Junien-Angoulême. Aussi le maintien des gares, des arrêts en gare (Saint-Sulpice-Laurière, Saint-Sebastien, Argenton-sur-Creuse…), pour le fret et la connexion avec Clermont-Ferrand. Un faux communiqué de presse a été lu, par lequel les intervenants faisaient mine de prendre au mot le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine qui prétend valoriser le chemin de fer (voir document joint).

L’idée de la gratuité des transports a pas mal circulé lors des prises de paroles et un appel à une nouvelle action transport gratuit a été fait pour le 21 décembre, avec dans l’idée de recommencer régulièrement ces rassemblements mêlant cheminots et usagers déterminés à préserver le service public, et même à obtenir son renforcement : à vos agendas, réservez vos transports gratuits !

Ensuite, tout le monde est parti en manifestation avec l’idée de rejoindre un rassemblement des « blouses blanches », personnel hospitalier, surtout médecins et infirmiers, qui avait lieu entre place d’Aine et place Denis-Dussoubs. Cortège dynamique de 200 personnes avec l’habituel trajet spontané au gré des envies et du “Aouh !” des Gilets jaunes. Passage obligé devant les Galeries Lafayette où là, pour une fois, la police ne nous attend pas. L’occasion est trop belle, quelques dizaines de personnes s’y engouffrent, malgré une résistance inutile des vigiles, pour faire entendre les cris de notre révolte dans ce temple de la consommation. Une danse joyeuse y est improvisée et on sort de l’autre côté juste avant que des hordes de flics n’arrivent pour nous expulser. Les rideaux des Galeries sont baissées derrière eux, un répit pour le tout-consommation.

Ça repart encore plus joyeusement au cri de « Travaille, consomme et ferme ta gueule ! », autour de la place de la République. Arrivée à la préfecture puis remontée de l’avenue de la Libération pour rejoindre les blouses blanches que nous apercevons au loin. On s’en approche vite pour converger et, surprise, les hospitaliers plient aussitôt bagage pour se disperser ! Incompréhension des défenseurs du rail et des Gilets jaunes, on essaie de discuter avec quelques médecins et infirmiers qui restent, ils nous disent juste que la police leur a ordonné de se disperser avant notre arrivée, ce que n’ont pas manqué de faire et retransmettre quelques « responsables », enroulant vite fait leur banderole. Et oui, la fameuse convergence n’est pas si aisée, du chemin reste à faire.
La manifestation continue ensuite sa déambulation en centre-ville, au milieu des cabanes de Noël, aux cris de « Black Friday moins 100 % », « Anti ! Anti-capitalistes ! » et des habituelles amabilités pour Macron, pour rejoindre enfin la gare où beaucoup doivent reprendre le train - gratuitement bien sûr.
On se donne rendez-vous pour le 5 décembre avec un petit goût amer face à cette rencontre ratée, et un goût un peu plus doux à l’idée que l’action de convergence à la gare a été, elle, une « première » prometteuse.


P.-S.

Pour préparer la prochaine convergence en transports gratuits avec assemblée des usagers, n’éhsitez pas à écrire à l’adresse dédiée : sauveter [arobase] riseup [point] net