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Massacre à la tronçonneuse en Corrèze

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C’est sur le site de Reporterre que l’on apprend qu’en septembre et en décembre 2017 l’administration corrézienne a envoyé deux lettres à 28 000 propriétaires riverains des routes départementales pour leur imposer l’élagage des arbres dépassant sur les voies publique sous peine de mise en demeure. Il s’agit, selon le département, de faire place nette pour l’installation de la fibre optique par voie aérienne et de protéger les routes de l’érosion provoquée par les gouttes d’eau tombant des feuilles…

Au vu des coûts exorbitants de l’élagage par des sociétés professionnelles, mais aussi pour la fragilisation des arbres qu’un élagage trop important occasionne, un grand nombre de propriétaires choisissent de les abattre. Comme le pointe le Collectif de défense de l’environnement arboré de nos routes limousines (DEARLIM), si les arbres sont élagués et survivent, ils réinvestiraient en très peu de temps l’espace libéré... au-dessus des routes. C’est donc par dizaines, peut-être par centaines à l’échelle du département, que des arbres sont abattus.

Reporterre indique :

D’après de nombreux observateurs et habitants de la Corrèze, de vieux arbres encore sains sont taillés en pièces et des haies sont rasées aux quatre coins du département, aucun bord de route ne semble épargné. À titre d’exemple, en remontant la D54, sur 10 km entre Uzerche et Saint-Martin-Sepert, une quarantaine de feuillus ont été abattus. Parmi ces chênes et châtaigniers, dix avaient plus de 100 ans, les plus vieux approchaient les 140 ans.

Le prétexte des gouttes d’eau qui abîment les routes résume bien ce projet ahurissant. Le conseil départemental a-t-il l’intention d’interdire les forêts pour protéger le goudron ? Mais si l’on met en avant la “République numérique” pour abattre sans vergogne des arbres centenaires et que l’on détruit un peu plus les écosystèmes du Limousin déjà bien fragiles, Reporterre souligne que cela ne pourrait être qu’un prétexte :

En effet, le département n’a pour le moment consulté que le conseiller forestier de la chambre d’agriculture, dont le métier est la promotion de l’emploi du bois et la valorisation économique des peuplements arborés, sans envisager d’autres interlocuteurs. Ces éléments laisseraient penser que, finalement, la fibre optique est l’arbre qui cache l’exploitation forestière.

Pour l’instant l’opposition monte et commence à s’organiser. Un collectif de 15 élagueurs grimpeurs à même rejoint le mouvement et refuse toute intervention en bord de route. Une pétition a été mise en ligne et a déjà reçu près de 20 000 signatures.

Màj du 8 avril : Déjà 10 000 arbres auraient étés abattus en 6 mois et certaines routes ont leurs abords saccagés. M. Coste commence à lâcher du lest face à la mobilisation. Le 5 avril, dans un courrier aux associations, il s’est engagé à « adapter la méthode », à renoncer aux exécutions d’office de travaux pour 2018 et a promis un « guide des bonnes pratiques de l’élagage ». Il veut quand même « atteindre l’objectif d’ici trois ans » et ne remet donc pas en cause son projet. L’opposition continue