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Retour sur le mouvement étudiant à Limoges

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Un mouvement national contre l’amplification de la sélection a lieu depuis quelques moments, pour comprendre ce qui s’y joue une revue de presse recense des articles sur le sujet. A Limoges aussi un mouvement tente de prendre racine et d’impulser une dynamique de lutte.

Dès début octobre la première réunion publique à initiative de professeurs, personnels et étudiants mobilisés de l’université de Limoges (UNILIM) est organisée. L’accent est mis sur les politiques d’austérité mises en place à la fac car l’UNILIM est en déficit de 7M d’euros. S’en suit un petit mouvement qui participe notamment aux manifestations de convergence contre le deuxième volet de la loi travail avec des départs de la fac et des passages devant les lycées. Malgré la pêche dans les manifs, le mouvement peine à rassembler du monde et surtout à se faire offensif. Aucune action vraiment originale ou hors des cadres n’arrive à émerger.

Le mouvement étudiant commence à s’agiter

Il faut donc attendre, la fin janvier avec la sortie du plan étudiants qui promet sélection, fin de la compensation et des rattrapages, fermeture de filière et suppression d’heures de cours pour que les AG reprennent et que le mouvement reprenne un peu vie. Le 1er février, une manifestation part de la FLSH avec une cinquantaine de personnes (des étudiants et quelques enseignants) en direction du Rectorat. Action plus symbolique qu’autre chose en vue de la manifestation suivante.

Le 15 février, une nouvelle manifestation part de la FLSH. Un tractage dans les lycées avait été effectué la veille, ce qui permet d’avoir une trentaine de lycéens qui se joignent à la manifestation. Au total près de 150 personnes sont présentes à la manifestation qui rejoint les enseignants et se permet un petit tour supplémentaire par Garibaldi avant de finir au Rectorat.

A la rentrée de la fac, dès le lundi des tags commencent à fleurir pour appeler aux manifs du 15 pour les EHPAD et surtout celle de convergence du 22. Nettoyés le jour même à la demande du doyen. Celui-ci semble vouloir éviter à tout prix qu’un mouvement prenne place dans la fac.
Peu importe, la nuit du lundi au mardi voit les tags réapparaître, des tombes symbolisant la mort des droits étudiants se planter à l’entrée de la fac et une grande banderole recouvrant le sigle de l’université par "Enterrement du droit à l’enseignement sup". Les tombes avertissent des dangers sur la réforme en cours et la suppression des droits actuels : bac comme premier diplôme universitaire, compensation, seconde chance ou réorientation, accès des bacs techno et pro à la fac (et donc majoritairement des classes populaires), recherche. Il y a également eu de nombreux tags sur le chemin de la fac.

Le doyen de l’université, ardent défenseur de l’ordre

Mais dès le mardi, le doyen revient à la charge et demande à l’équipe d’entretien de tout enlever. Il réuni ses collègues en début d’après midi pour une "réunion de crise". Celui-ci prétend même vouloir porter plainte contre les "radicaux révolutionnaires" qui ont fait ça. Si cela peut sembler risible, cela nous montre la recherche de répression de la moindre action un peu d’ampleur qui n’a pour ambition que d’informer sur l’aggravation de la situation des étudiant-e-s en cours.

La stratégie finalement adoptée semble être plus intelligente pour eux : ils ont rendu les tombes on autorisé les étudiant-e-s à les remettre le lendemain, ce qui a été fait en plein jour. Si nous étions mauvaise langue, nous pourrions penser qu’il a tout intérêt à essayer de pacifier la situation et qu’il vaut mieux quelques croix devant la fac qu’une répression révoltante qui risque de rendre le mouvement plus offensif. Parles toujours mais surtout ne fais pas de vague, ne bouscule pas l’ordre bien établi.

Un mouvement qui passera par la convergence

En parallèle, des enseignants chercheurs commencent également à s’organiser. En effet, selon le dernier conseil de gestion de la fac, ils devront être présent jusqu’à 4 journées par semaine ce qui met en péril leur travail de recherche afin de "mettre les étudiants au cœur de la construction des emplois du temps" (disent-ils). Il s’agit d’accentuer leur triple casquette : enseignants, chercheurs et administratifs. Nous ne pouvons que nous questionner sur la faisabilité de ces emplois du temps soit-disant à la carte. S’agit-il, comme dans les techniques de management moderne, de faire croire qu’on auto-gère une énorme machine bureaucratique juste pour mieux faire passer la pilule ?

Jeudi, un barrage filtrant est prévu en vu de la manif de solidarité avec les EHPAD et les retraités. Il s’agit de faire converger nos luttes contre leur austérité. La semaine d’après, une journée nationale de grève public-privé est prévue, l’occasion que les colères se rejoignent et peut-être d’essayer de penser un autre possible plutôt qu’un simple mouvement défensif. Les universités ont souvent été des lieux de réflexion et de lutte collective qui offre des espaces d’auto-organisation pour des mouvements d’ampleurs. Un peu partout en fRance des mouvements ont occupé un amphi de manière pérenne pour développer un lieu d’organisation et de vie collective au sein de l’université. A quand un retour à Limoges de l’université populaire ?

Mise à jour : le jeudi 22 Mars, la fac était bloquée. Retour sur la journée étudiante et lycéenne ici..
La semaine du 3 Mars, la fac est bloquée et occupée avec une université populaire d’organisée.