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Eymoutiers : occupation de l’immeuble de l’ODHAC

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Occupation de l’immeuble ODHAC 29, rue de la République à Eymoutiers (87120), contexte et propositions.

Le MAS Eymoutiers (Montagne Accueil Solidarité) est une association sans but lucratif. Elle est constituée d’une vingtaine de bénévoles qui habitent Eymoutiers ou des communes environnantes ainsi que de personnes bénéficiaires de l’association. L’association n’a pas de salariés. Elle est soutenue par un réseau d’une centaine de sympathisants, par d’autres structures du même type, des élus locaux et la paroisse d’Eymoutiers. Nous sommes soutenus par la fondation Abbé-Pierre pour le projet d’hébergement dans l’immeuble 29, rue de la République qui est l’objet de ce document.

Historique : des premières rencontres de résidents du CADA jusqu’à l’occupation d’un immeuble dans la ville.

Tout commence par l’installation du CADA d’Eymoutiers en avril 2014, suivie un an après par celui de Peyrelevade (19) puis par le CAO de Peyrat-le-Château fin 2015. A chaque fois des associations, des élus et des particuliers se mobilisent pour aller à la rencontre des résidents de ces centres.
A Eymoutiers, des personnes hébergées par le CADA s’intègrent dans les activités associatives et nouent des liens avec des habitants et le milieu associatif. La situation des demandeurs d’asiles qui sont déboutés devient rapidement un sujet de préoccupation. Que faire des liens créés : « Merci pour la rencontre, bon retour chez vous... »  ? « Bonne chance, à la rue... » ?
Notre association est créée officiellement à Eymoutiers début 2015 autour de cette problématique. Une première famille se retrouve à la rue dans l’été 2015, il n’y a pas de place au 115, nous les hébergeons et les accompagnons dans leur démarches. A l’automne ils obtiennent une place au 115.
Une deuxième famille l’est quelques mois après. Nous médiatisons leur situation et sollicitons la mairie qui accepte de mettre un premier appartement du contingent municipal à sa disposition. Les fluides sont à notre charge.
En avril 2016 nous organisons les Rencontres du droit d’asile à Eymoutiers qui connaissent un grand succès et une belle fréquentation. Nous réalisions alors qu’il faut proposer une prise en charge juridique aux personnes déboutées et que certains résidents du CADA sont aussi demandeurs de conseils. Face à ce constat, nous créons à Eymoutiers un groupe local de la Cimade.
Pendant cinq ans l’association MAS héberge ainsi 92 personnes (adultes et enfants). Pratiquement chaque famille que nous avons accompagnée et mise à l‘abri a retrouvé une situation stable (administrative, travail, logement, apprentissage de la langue française), tous les enfants ont été scolarisés. Nous avons toujours réussi à trouver une solution pour ne pas laisser des gens à la rue, mais il est vrai que cela tenait parfois du miracle, idem pour nos finances ! Ces dernières années, les conditions d’accès à un titre de séjour sont devenus de plus en plus longues et difficiles. Ce titre de séjour conditionne souvent la sortie de l’hébergement et de l’accompagnement.

Fin 2020, l’association perd la mise à disposition de quatre appartements en quelques mois car les propriétaires veulent remettre leur bien en location et à l’été 2021 une famille de neuf personnes, qui doit quitter le CADA, se retrouve pendant une semaine, sous tente, avec deux enfants malades avant que nous ne trouvions une solution dans nos réseaux. La décision d’occuper un immeuble vacant est prise lorsqu’une deuxième famille de six personnes avec des enfants en bas âge est expulsée du CADA en plein hiver et que nous n’avons qu’une solution très temporaire à proposer.
Quelques jours avant, le conseil départemental annonce dans son magazine : « La Haute-Vienne terre d’accueil et de solidarité [...] pourra mettre une trentaine de logements à disposition. L’ODHAC réserve de son côté des logements qui pourront accueillir une centaine de réfugiés » (ukrainiens).
Début avril 2022, une occasion fortuite nous permet de visiter un immeuble, 29 rue de la République à Eymoutiers. Nous savions qu’il appartient à l’ODHAC. L’immeuble est vacant depuis six ans, nous sommes surpris par le bon état de conservation et nous décidons de l’occuper le 6 avril 2022.

Projet dans l’immeuble de l’ODHAC

Au départ de l’occupation, la mairie d’Eymoutiers nous a proposé une médiation avec l’ODHAC. De ce rendez-vous est ressorti une menace d’expulsion mais la porte reste ouverte pour une possible convention entre l’ODHAC et notre association pour pérenniser l’utilisation du lieu et mettre les familles en sécurité.
Description de l’immeuble : il est situé dans le centre d’Eymoutiers à 45 minutes de Limoges (gare TER à 5 minutes). Il comporte 11 logements T1 et T2 vacants depuis au moins six ans. L’école et le collège ainsi que la maison médicale sont accessibles à pied.
Les habitants : ce lieu accueille des familles et des personnes célibataires qui ne trouvent pas de solution d’hébergement d’urgence indépendamment de leur situation administrative. Un espace commun avec un accès Internet est en cours d’aménagement dans l’immeuble.
Les avantages d’une convention précaire type commodat (jusqu’à la vente par exemple) :

  • nous veillons au bon entretien de ce bâtiment ;
  • la fondation Abbé-Pierre nous soutient pour cette action et est prête à nous aider financièrement. Nous sommes toujours en cours de finalisation des documents ;
  • les frais suivants seront pris en charge par l’association MAS : électricité, eau, assurances, Internet.
  • le petit entretien du bâtiment sera assuré par l’association. Un premier état des lieux montre d’importantes traces d’humidité dans les appartements du rez-de-chaussée dues à l’absence de chauffage et d’aération et des volets sont bloqués par le lierre jusqu’au premier étage ;
  • le gardiennage du bâtiment et le suivi de son entretien seront une garantie de restitution de l’immeuble dans l’état actuel ;
  • cet immeuble financé par des fonds publics retrouvera sa destination première de logement ;
  • pour les habitants, la signature d’un accord amiable permettra d’assurer une sécurité et une stabilité indispensable à la construction de leur avenir.

Présentation de l’association Le MAS

Le MAS revendique un accueil digne par :
• le droit au travail,
• l’augmentation du nombre de places d’hébergements d’urgence
• la régularisation des personnes dites sans papiers
• la fermeture des centres de rétention administratives
• la fin du système Dublin et la liberté de circulation

Nos activités :
Le MAS gère l’hébergement dans des appartements mis à disposition sous forme de prêt à usage. Ces appartements appartiennent à la mairie d’Eymoutiers, à la paroisse ou parfois à des particuliers. Les personnes peuvent également être accueilli.es chez l’habitant.e. Nous payons les fluides, mais n’avons pas de loyer. Nous avons loué pendant un an deux appartements de l’ODHAC à Eymoutiers mais cette solution n’est pas tenable économiquement. Nous hébergeons en permanence entre 20 à 30 adultes et enfants.
Toute l’équipe organise des événements afin de récolter des fonds pour faire face aux dépenses des logements (EDF, eau, gaz et assurance), des transports, des frais scolaires et d’urgence des hébergés (santé, secours alimentaire).
Ainsi chaque année l’association organise ou participe à une dizaine d’événements festifs : fête de la musique, fête de la montagne limousine, fête de la fraternité de Saint-Paul, Migrant’scène... Les personnes hébergées participent à ces événements qui permettent également d’échanger avec la population et de sensibiliser à la situation des personnes exilées.

Les autres activités de l’association sont :
• le covoiturage vers Limoges (notamment vers l’hôpital) et vers le Secours populaire,
• meubler et déménager les appartements,
• les petits travaux d’entretien des logements,
• financer les titres de séjour sous forme de prêt (250 euros en moyenne par adulte).
Nous disposons depuis un an d’un local associatif dans Eymoutiers. Des travaux y sont en cours et le lieu deviendra le siège de l’association. Ce local sera dédié à l’accueil, l’organisation d’ateliers, de repas, d’échange avec les personnes exilées et de rencontre avec la population.
L’association se réunit chaque mois, les personnes hébergées sont invitées aux réunions. Cela afin de faire connaissance et d’être au plus près des problématiques à résoudre.



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