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Genève : Nous ne paierons pas pour manifester

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Alors qu’en France le gouvernement vient de faire passer une loi pour criminaliser les manifestations, notamment non-déclarées, à Genève des collectifs, syndicats et associations viennent de publier un communiquer pour dénoncer des factures reçues pour des manifestations :

Depuis le début de l’année 2019, tou.te.s les organisateur.ice.s de manifestation, rassemblement ou piquet de grève ont reçu des factures d’émolument pouvant aller jusqu’à 800chf [1]. Les pratiques restent pour l’instant fort nébuleuses. Il existerait deux types d’émolument : des frais inhérents au trajet emprunté par la manifestation [2] et des émoluments appliqués lorsque la demande se fait moins d’un mois avant la tenue de l’événement. Les grilles tarifaires ne sont pas claires et certains montants pourraient apparemment être négociés [3], mais l’application de ces nouvelles directives est dans tous les cas devenue automatique. Ce qui entraîne des répercussions sur certaines décisions prises par les organisateur.ice.s. La manifestation du 8 mars par exemple a changé son parcours initial pour que les frais de Traceroute ne soient pas trop élevés. Que dire encore lorsque Solidarité Tattes qui a organisé un recueillement en soutien aux proches de Ali Reza [4] reçoit une facture de 500 chf alors que l’urgence de la situation est indéniable ? Des syndicats aussi dénoncent le tournant pris depuis le début de l’année. Les pratiques et les demandes ont changé : menaces d’intervention ou d’émolument et déplacements des piquets de grève... [5]

Si la situation de Genève semble impensable pour le moment en France, on ne peut que s’inquiéter du laboratoire que pourrait constituer Genève. Le fait de réprimer sévèrement toute manifestation non-déclarée pourrait à terme permettre de les contrôler au point de les facturer. Les politiciens réactionnaires de tous poils n’ont-ils pas toujours ce mot à la bouche : "faire payer les casseurs"... En poussant au bout cette logique les manifestant.e.s pourraient avoir à payer pour tous les dérangements occasionnés, notamment économiques. Quel meilleur moyen de rendre les manifestations totalement inoffensives et de forcer les manifestant·e·s à s’auto-fliquer ? Soyons solidaires au-delà des frontières contre toute tentative de briser nos mouvements.

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Notes

[1environ 720 €

[2le déplacement de places de stationnement est sous-traité depuis 2016 à l’entreprise privée Traceroute. La facture peut atteindre jusqu’à 400 chf

[3un fonctionnaire de l’État aurait répondu que les frais n’étaient pas annulables, mais négociables