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Rassemblement de soutien à Khadija

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Rassemblement à Limoges, samedi 13 mars 10 h 30 place d’Aine pour qu’enfin Khadija puisse avoir justice

Mise à jour : nouveau rassemblement vendredi 26 mars, 10 heures, devant la cité judiciaire de Limoges, place Winston-Churchill

En 2017, Khadija, originaire de Limoges, porte plainte contre son ex-compagnon pour torture, acte de barbarie et viol. Elle apprend l’existence du procès au tribunal de Limoges, dans le Populaire du Centre et ne peut pas y assister. Elle affirme que le tribunal ne l’a pas contactée. Le procès se tient donc sans elle et son ex-compagnon se retrouve condamné à huit ans de prison pour violences conjugales mais a été acquitté pour viol. Aujourd’hui elle se bat pour faire appel.

Khadija raconte son histoire et explique pourquoi elle demande un nouveau procès :

Je m’appelle Khadija. J’ai été violée et torturée par mon ancien compagnon pendant plusieurs mois. Le jour où il a failli me tuer, j’ai eu un sursaut de vie, j’ai fui, j‘ai porté plainte.Dans mon milieu, c’est une démarche difficile. C’était à Limoges le 26 avril 2017. Puis j’ai quitté la ville.

Pour les besoins de la procédure, j’y suis revenue chaque fois qu’il le fallait.

Je suis venue pour être auditionnée et j’ai répondu à toutes les questions qu’on m’a posées.

J’ai raconté précisément comment il me tabassait ‘au verso’ quand il n’y avait plus de place pour des bleus ‘au recto’.

J’ai raconté comment il me serrait une serviette autour du cou et me soulevait jusqu’à ce que je ne touche plus le sol.

J’ai raconté la nuit où il m’a suspendue par les pieds au-dessus d’un pont.

J’ai raconté aussi les viols. Mes marques, mon sang, ma peur : c’était ça qui l’excitait. J’ai raconté comment il a volé ma dignité.

Pour les besoins de la procédure, je suis venue aux examens médicaux. J’ai laissé les médecins m’examiner sous toutes les coutures, constater les blessures. Je les ai laissé m’expertiser, s’assurer que je ne suis pas folle.

Pour les besoins de la procédure je suis venue pour un acte de ‘confrontation avec l’agresseur’. Je suis encore venue pour la reconstitution d’une scène de torture, celle du pont.

Le juge d’instruction a estimé qu’il y avait assez de charges contre lui pour qu’il soit jugé devant la Cour d’assises. Alors j’ai attendu ce procès qui allait me permettre d’être entendue, crue, reconnue. J’ai cru apercevoir le bout du tunnel.

Mais en septembre 2020, j’ai appris dans la presse que le procès s’était ouvert sans moi !

J’ai lu que mon bourreau m’avait dénigrée et insultée pendant toute l’audience.

J’ai lu qu’il avait été condamné à 8 ans de prison pour violences mais qu’il avait été acquitté pour viol.

Pour décrire ce que j’ai ressenti, je n’ai pas de mots…

Finalement, j’ai choisi une avocate prête à se battre à mes côtés contre cet acquittement escroqué.

Pour les besoins de la procédure, la victime doit, évidemment, être convoquée au procès. Mais le droit français n’a pas prévu de recours pour la victime qui, comme moi, n’a pas été convoquée.

Aidée par mon avocate, je tente aujourd’hui de faire entendre ma voix

Pour retrouver ma dignité,

Pour qu’il ne détruise pas celle d’autres femmes,

Parce que je crois toujours en la justice : je réclame un nouveau procès.

Plus d’infos sur #lavoixdekhadija ou sur les réseaux : @lesaffoleesdelafrange, @MeufsEtVeneres, @aqueerel

Pétition à signer sur change.org : la voix de Khadija



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