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Quelles revendications dans nos mouvements sociaux ?

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Les grèves et les luttes sectorielles se développent notamment sur la question du pouvoir d’achat et de l’augmentation des salaires pour faire face à l’inflation qui touche particulièrement les produits de base : alimentaires et énergétiques. Si ces luttes sont tout à fait légitimes et importantes on peut penser que de baser nos revendications sur l’augmentation des salaires révèle des faiblesses importantes qui empêchent à la fois de sortir des luttes sectorielles mais aussi de proposer des revendications réellement disruptives par rapport au monde en place.

L’augmentation des salaires : un piège de la division ?

On entend régulièrement, à chaque mouvement social, la question de la convergence ou de la grève générale. L’augmentation des salaires est un sujet qui pose question sur sa capacité réelle à porter un mouvement social large. Car oui nous sommes tou-te-s confronté-e-s à l’augmentation des prix mais nos salaires ne sont pas les mêmes et nous ne pouvons que craindre que les secteurs avec le plus de poids dans le rapport de force abandonne rapidement une lutte commune en obtenant des accords spécifiques. Sur cette base fragile comment se mobiliser collectivement ? Comment faire confiance à l’ensemble d’un mouvement social alors que chacun-e portera ses intérêts spécifiques ?
De plus la question de l’augmentation des salaires invisibilise une grande partie de la population qui ne dispose tout simplement pas d’un salaire ou seulement par intermittence. Alors que les chômeur-euse-s, les étudiant-e-s, les précaires... subissent tout autant de plein fouet l’inflation ielles sont mis de côté par un mouvement qui ne parle que de salaires.
Si l’augmentation des salaires n’invite clairement pas à un mouvement large mais plutôt à un mouvement parcellaire, il s’intègre par contre clairement dans la logique capitaliste actuelle. Quand les financiers cherchent à nous faire payer leur crise, voulons-nous tenter de sortir (même partiellement) du système économique ou le maintenir ?

Un renouvellement des revendications subvertives, un avenir désirable

Pour être offensif et trouver un angle d’attaque commun il est temps de chercher d’autres revendications. Si l’inflation nous empêche ou empire notre possibilité de se nourrir, se loger ou se chauffer correctement (sans compter tou-te-s celleux qui étaient déjà empêché-es avant l’inflation) peut-être que nous devons penser comment sortir ces besoins vitaux de l’emprise financière et économique. Des revendications basées sur la gratuité de l’alimentation par exemple possède une portée subversive beaucoup plus puissante que d’augmenter son salaire. Elle remet en cause un système entier de la production à la vente, peut incorporer les enjeux écologiques actuels, et surtout apporter des prémices d’une auto-organisation importante.
Lorsque nous faisons grève pour nos salaires, nous sommes en situation de dépendance à quémander au patronat et aux politiques. Si nous voulons une alimentation saine et gratuite pour tou-te-s, le rapport de force vise à imposer à l’Etat d’en donner les moyens mais nous avons une possibilité d’auto-organisation directe sur la production, la redistribution, la réappropriation dans les grandes chaînes, etc. Cette diversité de mode d’actions, de possibilité d’arriver à nos fins, de moyens de penser la gratuité, peut créer par elle-même beaucoup plus de dynamique qu’un rentranchement appeuré sur nos petits acquis.

L’alimentation n’est bien sûr qu’un exemple mais il est urgent que nos luttes prennent une orientation plus large que le maintien d’un système à bout de souffle qui détruit tout sur son passage. Quel avenir voulons-nous ? Quel monde voulons-nous ? Il est temps de remettre du rêve et du désir dans nos vies ce sont eux qui nous porteront plus loin.



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