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La forêt de Rochechouart en danger

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La forêt de Rochechouart est en cours d’achat par un groupement forestier, qui envisage de l’exploiter de manière industrielle. L’achat devrait être acté devant notaire à la fin du mois de février. C’est Nicolas Thierry, vice président de la Région en charge de l’environnement et de la biodiversité, qui l’annonce et s’en émeut via Facebook. En effet la forêt de Rochechouart date d’il y a des siècles. Au château des ducs de Rochechouart une fresque du XVIe siècle y fait même référence [1]. De par sa longévité à l’état de forêt, sans défrichage ni culture, la biodiversité y est très riche. Ainsi, la forêt abriterait au moins cinq variétés qui se trouvent sur la liste rouge des espèces protégées par l’Union internationale (UICN) pour la conservation de la nature comme le crapaud sonneur à ventre jaune.

Interrogé par la revue Farouest, Nicolas Thierry déclare : « Il y a quinze jours environ le maire de la ville m’a appelé en me disant qu’il venait de recevoir une notification, un document administratif, qui montrait que la forêt de Rochechouart était en train d’être vendue à un groupement forestier pour qu’elle soit exploitée. » [2] La gestion des forêts est rendue au point où 40 ha peuvent être vendus sans que les habitant-e-s alentours ne soit consulté-e-s, ni même prévenu-e-s en amont, empêchant toute implication, et surtout, opposition de leur part. Mais ce n’est pas nouveau dans l’exploitation des forêts, comme le soulignaient déjà en 2013 des habitant-e-s du plateau de Millevaches : « on entend la voix de l’État, des professionnels de la filière bois, des organisations prétendant " représenter les propriétaires", de toutes sortes d’experts. Comme il est de coutume sur la plupart des sujets qui les concernent. Il n’y a qu’une seule voix que l’on n’entend jamais, c’est celle des habitant-e-s, de celles et ceux qui vivent au beau milieu de ce "massif forestier" qui suscite tant de convoitises et de spéculations. » [3]

La forêt, ce bien commun, est souvent abordée de manière purement économique, à l’heure où les questions écologiques se font si pressantes. Rien d’anormal puisqu’à l’heure du capitalisme vert, le bois fait bonne figure et permet du greenwashing à peu de frais, alors même que son exploitation intensive est hautement nuisible. Comme l’usine de pellets à Bugeat-Viam, les industriels cherchent donc à exploiter toujours plus intensément les forêts. Le Limousin, lieu particulièrement boisé en France, se retrouve donc dans la ligne de mire de la « filière bois ».

Face à l’imminence de la vente, qui doit avoir lieu fin février, l’association " Vivre le Parc Périgord-Limousin ", collectif des amis et habitants du Parc Naturel Périgord-Limousin, lance un appel pour acheter collectivement la forêt. Si des habitant-e-s semblent chercher à s’organiser -une manifestation serait envisagée- l’opposition peine à prendre forme dans un délai aussi réduit.



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