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Témoignages du confinement en Colombie

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En Colombie aussi... Covid partout, justice nulle part !

Quelques infos et initiatives depuis Abya Yala, secteur Colombie…

Après un « simulacre » de confinement entre le 21 et le 23 mars, les habitant.e.s de Colombie sont confiné.e.s depuis le 25 mars, et ce jusqu’au 13 avril selon les directives actuelles.

Les conditions sont plus ou moins les mêmes qu’en France, tu peux sortir pour acheter à manger, des médicaments, aller à la banque ou chez le notaire parce que quand même, prendre soin d’enfants ou de personnes de plus de 70 ans, sortir ton chien 20 minutes ou pour travailler, principalement pour maintenir la production et l’acheminement de nourriture et médicaments, le maintien des services d’eau, électricité, ramassage des déchets, et quelques autres secteurs clés : infrastructure numérique, sécurité privée, services pénitentiaires. Cool. Production et exportation d’hydrocarbures et minerais tiens ?!.

En cas de non-respect, sont prévues des amendes et des peines de prisons allant de 4 à 8 ans. Ah quand même…

Le 21 mars, le Mouvement national carcéral avait appelé à des manifestations dans et hors des prisons pour demander des mesures de protection des détenu.e.s face au virus, avec un contexte similaire à ceux de la France ou de l’Italie, des matons qui rentrent et sortent sans protection, suspension des visites et des activités au sein des prisons… Et un taux de surpopulation de plus de 150 % (115 % en France), atteignant plus de 400 % par exemple dans la prison de Riohacha. La réponse des CRI et CORES (les ERIS locaux) a provoqué au moins 23 morts et 85 blessés (on parle parfois même de 30 morts et 90 blessés, il sera difficile de savoir plus précisément pour l’instant).

Plus d’infos et une pétition :

Quelques initiatives d’intérêt...

Grève des loyers
pour le droit constitutionnel à un logement décent

On ne peut pas :

  • payer un loyer sans garanties pour travailler
  • payer un loyer au cœur d’une pandémie
  • payer un loyer s’il n’y a pas de quoi manger
    C’est une question de bon sens.

Rejoins la grève des loyers :
[les infos pour faire une lettre à envoyer à la présidence de la République, ministère du Logement,…]

Si nous arrivons à attirer l’attention à niveau national, le gouvernement devra prendre des mesures pour le gel des loyers.

« Tu réfléchis à appeler la police parce que tu penses que quelqu’un ne respecte pas le confinement ?

Le confinement qu’on nous oblige à respecter répond à des exigences économiques et productives, et ne vient pas d’une préoccupation pour notre santé. Les médias répètent le discours du gouvernement, selon lequel nous devons continuer à travailler sans se demander si ce travail est nécessaire à notre société. Ces normes ambiguës légitiment la police pour décider selon ses propres critères, qui doit le respecter ou non, cherchant à nous diviser entre bonnes citoyennes et délinquantes. Nous voulons rompre avec cette logique et proposer quelques réflexions.

Ni la police ni la punition ne résoudront ce conflit : le confinement est une mesure imposée par l’État qui cherche à punir celles qui ne le respectent pas. La police agira en toute impunité et profitera de ce moment de peur et d’hystérie collective pour augmenter la répression et le contrôle social. De plus, les menaces et les punitions ne font pas changer les comportements, et même si elles le pouvaient, à quel prix ?

Les conséquences d’en appeler à la police pourraient être très graves : si la police dénonce la personne à l’administration, une sanction économique sera imposée. Au niveau pénal, il peut y avoir une peine de prison en cas de non-paiement de l’amende. Si cette personne n’a pas de papiers, un dossier pourrait être ouvert afin de l’expulser. La pauvreté et la migration sont doublements punies.

Tout le monde n’a pas la possibilité de se confiner à la maison : c’est difficile de savoir ce qui amène quelqu’un à être dans la rue. As-tu pensé aux personnes qui se sont fait expulser ? À celles qui vivent dans la rue ? À celles qui sont entassées dans de petits appartements ? À celles qui survivent du travail au noir dans la rue ? À celles qu’on oblige à aller travailler ? À celles qui doivent sortir pour se maintenir en bonne santé ?

Le confinement peut aussi avoir de graves conséquences : l’isolement et la peur que suppose un état d’urgence peuvent affecter négativement notre santé physique, mentale et émotionnelle. L’absence d’affection et de vie sociale, la préoccupation, l’angoisse, le stress de la précarité économique peuvent générer des situations de tension qui aggravent les violences structurelles que nous vivons quotidiennement.

Il peut y avoir d’autres façons de résoudre ce conflit : si tu crois que le confinement est une question de responsabilité collective, tu peux en parler avec tes voisines. Expliquer quelles sont tes préoccupations, partager des opinions, s’informer, offrir et demander de l’aide. Nous pouvons profiter de cette occasion pour amplifier les réseaux de soutien et retrouver la confiance en notre communauté, avec le respect et les précautions nécessaires.

Qui est responsable de la situation actuelle selon toi ? : l’effondrement sanitaire est une manifestation de la misère et de l’injustice auxquelles nous conduit le capitalisme. Illes veulent que les plus opprimées payons de nos vies cette crise. Si nous cherchons des responsables, nous les trouverons d’abord dans les bureaux des politiques et les techniciens, dans les bureaux des firmes pharmaceutiques ou dans les manoirs des plus riches, plutôt que sous nos balcons.

PARLE AVEC TES VOISINES, PAS AVEC LA POLICE »

COLLECTE SOLIDAIRE

Étant donnée la contingence liée au coronavirus et l’inefficacité de l’État pour faire face et garantir l’accès aux droits, les femmes* travailleuses sexuelles, ainsi que d’autres travailleuses informelles, se voient affectées et nécessitent des revenus pour leur logement, alimentation et produits d’hygiène et de soin durant la crise du Covid-19.

POUR LES FEMMES* TRAVAILLEUSES SEXUELLES
ARRÊTER DE TRAVAILLER N’EST PAS UNE OPTION

(femmes* est une façon de se référer à toutes les personnes qui s’identifient comme telles, indépendamment d’un regard extérieur)

Plus d’infos : Collectif féministe Yukasa (Armenia, Quindio)
https://www.facebook.com/YukasaFeminista/



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