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Les squatteurs exilés répondent à une représentante de la préfecture

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Voici la lettre des habitants du squat du 4 bis, avenue de la Révolution à Limoges (pour plus d’informations voir l’article : Une visite fédératrice, un confinement assumé, au squat du 4 bis, avenue de la Révolution). Elle a été lu pendant une réunion d’habitants du squat avec la présence de la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de la Haute-vienne, qui venait pour proposer des « solutions » d’hébergement temporaire dans le cadre de l’épidémie.

La lettre parle d’elle-même :

Bonsoir Madame la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Vienne,

Nous avons reçu votre mail dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire COVID-19 concernant votre proposition de places exceptionnelles d’hébergement qui sont ouvertes pendant la crise sanitaire. À ce propos nous estimons que cette proposition n’est pas la meilleure solution pour nous, car nos conditions de vie dans ce « lieu » sont correctes, ce que nous demandons, c’est la régularisation de tous les occupants du squat, car cette régularisation est une question de vie ou de mort.

Aujourd’hui nous portons le risque du COVID-19 tant pour notre santé que pour celle de la population française. Il s’agit d’une mesure de salubrité publique qui protège tous les habitants. Il est urgent de nous intégrer pour pouvoir bénéficier des mêmes traitements que les citoyens français et pouvoir travailler. Nous souffrons en silence parce que nous n’avons pas de papiers. Nous vous appelons à considérer notre situation humaine car nous ressentons également le danger pour nous et nos enfants. Nous sommes également des êtres humains et nous voulons jouir d’une vie décente et calme.

Nous sommes des citoyens étrangers, individus et famille d’origine et de nationalités différentes qui vivons ici depuis des années. Nous avons fusionné dans la société française, nos enfants sont nés ici, ils sont à l’école et nous sommes habitués à vivre ici. Nous savons que la France est un pays de droit, de fraternité et d’égalité et nous respectons aussi les valeurs et les symboles de la République.

Madame, comme votre poste l’indique, directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Vienne, nous espérons que notre message puisse arriver à votre hiérarchie dans l’espoir qu’elle prendra en considération notre situation. Il est vrai que nous sommes des étrangers mais en réalité nous sommes des êtres humains.

Au nom de la solidarité, nous tenons à remercier la Banque alimentaire, le Secours populaire et toutes ces personnes qui nous apportent des aides si précieuses.



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