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A propos du théâtre occupé à Tulle

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Si la réouverture des lieux culturels ou de spectacle constitue bien une première revendication, mobilisant notamment les salariés du secteur et quelques intermittents étrangement peu nombreux en Corrèze, l’ensemble des enjeux soulevés par ce mouvement de contestation s’avère pourtant être d’une ampleur bien plus importante. Ce qui est en jeu, in fine, c’est ni plus ni moins que notre modèle d’assurance chômage, en passe d’être largement abîmé par la contre-réforme actuelle pilotée par le gouvernement et votée à l’assemblée nationale le mois dernier : alors que six chômeurs sur dix, en France, ne sont actuellement pas indemnisés, faute de répondre aux critères de plus en plus exigeants, les analyses de la Coordination des intermittents et des précaires (CIP) prévoient qu’un chômeur indemnisé sur deux verra demain son allocation fortement impactée par ces nouvelles mesures et les fumeux nouveaux modes de calcul [1].

L’affaire concerne des millions de personnes, bien au-delà des seuls intermittents du spectacle [2] et, tel que c’est parti, le nouveau décret sera applicable à partir du 1er juillet prochain ! Une paille ! En outre, alors que l’emploi discontinu est devenu la règle (87 % des contrats signés chaque année sont désormais des contrats courts), il devient sanctionnable, chacun étant renvoyé à une culpabilisation individuelle, celle de ne pas travailler. Or ce problème est structurel. Fondée en 1958, l’assurance chômage avait pourtant été pensée comme un droit pour toutes et tous : une protection sociale digne d’un pays comme la France au XXe et désormais XXIe siècle.

Voilà donc le sujet principal de cette mobilisation ! Voilà donc les enjeux des « vendredis de la colère » auxquels appellent inlassablement les occupants, épaulés par les organisations syndicales qui tiennent encore la route (CGT et Solidaires en Corrèze). A Tulle, presque quatre-vingts personnes venues de tous les horizons étaient présentes lors de la première journée d’occupation. L’équipe de l’Empreinte s’étant montrée un peu frileuse, la plupart des réunions ou ateliers ont depuis été déplacés dans la salle des Lendemains qui chantent.

Au cœur d’une aventure humaine riche de rencontres et d’échanges, les occupants sont néanmoins aujourd’hui quelque peu fatigués et appellent inlassablement au soutien de l’ensemble de la population, pour une lutte qui nous concerne en effet toutes et tous [3].

Actarius

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Notes

[2L’article paru dans l’édition du dimanche 25 avril du journal La Montagne est par exemple tout à fait consternant, limitant le propos à ce secteur alors que l’ensemble de la manifestation évoquée portait des revendications contraires. A se demander ce que peut cacher une telle mauvaise foi...

[3Voir l’affiche jointe en document.

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