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A Paris, Macron nous met dans une colère noire

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A Paris, entre 1000 et 2000 manifestants ont eu recours à l’action directe dans la manifestation du 1er mai. Bien évidemment la majeure partie de la classe politique s’offusque des "violences" et nous parle de démocratie. Mélenchon s’illustre particulièrement en affiliant les manifestants à l’extrême-droite. [1] La même rengaine qui fait que lorsque la colère explose c’est soit le fait de la police infiltrée soit le fait de l’extrême-droite ... Mais lorsque les gouvernements successifs s’échinent à accentuer les inégalités et la dureté des conditions de vie au profit du patronat certaines personnes sont en colère et celle-ci peut surgir et s’exprimer de bien des manières.

En ce début de mois de mai 2018, les vitrines commencent à déborder de commémoration de mai 68, les politiques et les syndicats qui dénoncent les quelques vitrines cassées vont nous faire de beaux discours sur les révoltes d’il y a 50 ans. Les pavés seront emballés, exposés, vendus et aseptisés mais gare à celles et ceux qui les ressortent, on leur promet des sanctions particulièrement dures. Pourtant, même Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes et réputé très à droite, le dit : « jamais de telles violences n’avaient été commises à Paris lors d’une manifestation depuis Mai 68 ». Bien entendu, cela est fantasmé et les manifestations explosives, à l’instar de toutes les luttes, n’ont pas été rares en 50 ans. Mais oui, aujourd’hui comme avant une partie de la population est en colère et déterminée à pas se laisser tranquillement marcher dessus.

Rappelons-nous également que le 1er mai est une journée de lutte et d’action en mémoire des évènements de Haymarket - autrement plus violents :

Le 1er mai 1886 débute à Chicago une grève de plusieurs jours organisée par les syndicats de salariés afin d’obtenir la réduction du temps de travail journalier de 12 à 8 heures.

Le patronat américain réagit face au mouvement de grève initial par des lock-outs (fermetures provisoires d’usines) massifs et le recours à la main-d’œuvre immigrée fraîchement arrivée aux États-Unis. Les syndicats répondent en développant la stratégie de la grève générale et des mouvements de solidarité tout en y incluant des tractages bilingues au sein de l’immigration.

Le 4 mai 1886 a lieu « le massacre de Haymarket », d’après une place de Chicago où eurent lieu des affrontements armés et mortels entre les forces de police et les manifestants ouvriers.

À la suite des événements dits de Haymarket, sept travailleurs, choisis dans les milieux militants de l’immigration allemande, sont condamnés à mort par pendaison, alors qu’aucun lien n’a jamais pu être établi avec une attaque terroriste par la justice bourgeoise, qui statua néanmoins que les sept de Chicago en étaient les auteurs intellectuels. [2]

Il y a plein de façon d’être offensifs et de lutter. Face aux tentatives de répression du mouvement social dans toutes ses composantes, soyons solidaires, ne nous divisons pas. La force d’un mouvement reste dans sa diversité.



Notes

[1Tweet de Mélenchon : « Insupportables violences contre la manifestation du premier mai. Sans doute des bandes d’extrême droite. #1erMai »

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