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Procès squat CRDP/région : un soutien large

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Mise à jour : le tribunal administratif a décidé l’expulsion avec un délai de 15 jours soit le 25 avril. Des réunions vont avoir lieu pour décider des actions à venir.

Plus de deux cents personnes, dont quelques-unes avec leur gilet jaune, se sont rassemblées devant le tribunal administratif de Limoges lors du deuxième référé intenté par la région Nouvelle-Aquitaine contre les occupants de l’ex-CRDP (Centre régional de documentation pédagogique). Une mini-buvette de soutien faisait patienter les personnes qui n’ont pas pu entrer dans la salle. Une intervention au mégaphone est faite par des membres du collectif Chabatz d’entrar, rappelant l’historique de l’occupation et les revendications : pas d’expulsion sans relogement, création de deux cents places pérennes d’hébergement d’urgence inconditionnel à Limoges, et, plus globalement, libre circulation de toutes et tous, installation de chacune chacun là où elle, il le souhaite. Sont dénoncés aussi les scandaleux tests osseux pour décider si un migrant est mineur ou pas. Des actions seront prévues pour mettre chacun devant ses responsabilités. Après les prises de paroles, les discussions continuent et le cours Vergniaud est petit à petit bloqué, aidé par quelques barrières de chantier. Pendant ce temps, à l’intérieur, l’avocate des occupants indique, en réponse aux affirmations de la région, qu’il n’existe pas de danger particulier liée à l’occupation, car « le collectif Chabatz d’entrar a réalisé des travaux pour le respect de la sécurité incendie et l’alimentation en énergies ». Il n’est par ailleurs apporté aucun élément de preuve sur la signature des marchés avec les dix-sept entreprises pressenties dans la phase de négociation de l’appel d’offres ouvert. A la sortie de l’audience elle annonce que le résultat du référé sera rendu en « milieu de semaine prochaine ». Trois possibilités sont à envisager : le rejet de la demande de la région, l’expulsion avec un délai plus ou moins long, l’expulsion immédiate. Dans les deux derniers cas appel est lancé à une mobilisation importante pour montrer la détermination des occupants et des soutiens. L’occupation festive du cours Vergniaud continuera encore quelque temps, le mini-bar et la collecte de soutien font le plein, au son de quelques notes de musique égrenées par un joyeux charivari improvisé.

A l’intérieur du tribunal

Pendant ce temps à l’intérieur du tribunal, Me Clerc, avocat de la région, est invité à commenter le dossier qu’il a déposé pour la deuxième fois à la demande de la Région (le nouveau projet aurait été élaboré depuis juillet 2018). Il souligne l’objectif « légitime » de son client et l’urgence qu’il y aurait pour réaliser un « pôle de formation » de 950 étudiants à la place de l’ancien CRDP, fermé en 2010 et acquis en 2014, dans l’objectif d’une ouverture prévue en septembre 2020. Les travaux (ordre de service de préparation du chantier) ne peuvent commencer qu’après expulsion des squatters. Le planning prévisionnel de l’architecte prouverait l’urgence à faire évacuer les lieux.

Me Marty, en réponse, indique que l’évacuation serait possible si la Région procédait au relogement des occupants (parmi lesquels 27 enfants, dont 15 scolarisés). L’intervention de l’association Habitat et Humanisme a permis de reloger 26 occupants (dont 13 par le biais de l’évêché de Limoges). Il n’y a aucune convention d’occupation gratuite intervenue entre la Ville et la Région. Le caractère d’urgence pour la Région n’est nullement prouvé par un dossier de 300 photocopies et un planning qui ne reflète qu’un souhait.

Me Clerc ré-intervient dans une « volonté » de prévenir des risques (non précisés). De plus, il y aurait selon lui une confusion entre les obligations de l’État et celles de la Région.

Me Marty ne souhaite rien ajouter à sa plaidoirie pour les occupants.



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