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« Désarchiver le passé », une nouvelle session de l’École de la Terre

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Deux ans après les rencontres "Décloisonner l’avenir", qui avaient mis la fiction politique d’anticipation à l’honneur, l’École de la Terre propose maintenant de "Désarchiver le passé"... pour mieux nourrir les combats présents et à venir !

« DÉSARCHIVER LE PASSÉ » UNE SESSION DE L’ÉCOLE DE LA TERRE DU 29 JUIN AU 5 JUILLET 2019 Ferme du Goutailloux, Tarnac

7 JOURS SUR L’HISTOIRE... Une semaine pour apprendre à se connaître.

Nous invitons quiconque s’intéresse à son propre passé à venir nous rejoindre cet été dans les forêts escarpées du Plateau de Millevaches, afin de participer à une semaine de rencontres autour de l’histoire et du rapport que nous entretenons avec elle.
Et l’histoire, tout l’histoire, c’est vaste. Il y aurait la nôtre, celle de l’Occident, qu’on le veuille ou non, sans doute bien tragique. Certains voudraient en parler en termes de Nations, ou de Pays, ou encore de Peuple ou de peuples. Des mots qui nous gênent, nous grattent, comme si, à force d’oublier leur sens premier, ils nous étaient devenus des fantômes, y compris pour celles et ceux qui vivent depuis peu dans ce pays Limousin, arrivés d’horizons aussi lointains que proches.
Il y aurait aussi l’histoire des oublié.e.s – ou plutôt les histoires, celles des « vaincu.e.s » de la grande Histoire, qu’ils ou elles se soient battu.e.s sur les mêmes terres que nous, ou se battent encore à des milliers de kilomètres.
Il y aurait encore le dialogue que tous entretiennent avec ce passé, le regard qu’ils portent sur celui-ci, et la manière dont ils savent, ou pas, rendre présentes ses possibilités inachevées ou celles qui pourraient encore nourrir un avenir révolutionnaire.
Il y aurait enfin, comme en incontournable mais délicat filigrane, l’attention nécessaire au soulèvement des gilets jaunes, qui depuis plus de six mois persistent à réinventer les formes mêmes de la révolte.
Dans tout cela, il s’agirait de s’offrir le luxe d’exhumer nos héritages divers et nos mots, et de les analyser à la lumière de ce qui se passe aujourd’hui, afin d’y trouver l’intuition nécessaire. Bien sûr, même apprivoisés, les fantômes ne sont pas toujours les bienvenus, beaucoup sont hostiles. Nous vous invitons donc à faire ce travail ensemble, comme une sorte de mise à jour commune, en vue de s’autoriser à réfléchir aux temps qui viennent, à la fin du monde comme aux fins de mois. Car nous ne ferons pas ici la litanie des catastrophes qui se multiplient désormais chaque jour, mais il semble clair qu’il nous faut trouver la force de briser l’infinie mobilisation de tout au service d’un présent insoutenable.

SAMEDI, DIMANCHE : SE DÉFAIRE DU PRÉSENTISME, EXPLORER LES POSSIBLES

La semaine s’ouvrira samedi 29 juin par une intervention du médiéviste Jérôme Baschet et de l’anthropologue Rocio Martinez, qui sont tous deux des compagnons de route de longue date du mouvement zapatiste. Ils nous inviteront à nous défaire du présentisme, cette temporalité de la fuite en avant morbide et de l’écrasement de la mémoire, et nous feront découvrir une temporalité multiple inspirée des mondes zapatistes, à partir notamment de ces trois notions que sont le temps juste, le temps des horloges, et le temps nécessaire.
Le lendemain, une atelier d’écriture animé par Quentin Deluermoz nous permettra de nous exercer ensemble à « l’histoire contrefactuelle », c’est-à-dire à une approche historique originale qui invite autant à la connaissance précise des événements qu’à l’exploration des possibles qu’ils contiennent.

LUNDI À VENDREDI : AFFRONTER

Après ce week-end d’introduction, chaque jour de la semaine sera l’occasion d’arpenter un thème différent et d’apprendre à le voir avec un regard renouvelé.
Comment regarder en face les héritages chrétiens qui ont déterminé, et déterminent encore, le destin des civilisations dites occidentales ?
L’effondrement, qui est dans toutes les bouches désormais, n’a-t-il pas déjà été le lot de maintes civilisations avant la nôtre ? Comment de telles périodes ont-elles permis également à d’autres histoires d’émerger ?
Que peut nous apprendre l’histoire du pays Limousin, dont la mémoire habite encore les sources et les pierres de ce pays ?
Et celles des peuples souvent oubliés qui, dans tant de territoires, se sont soulevés pour défendre leur dignité, abattre leurs propres tyrans, et tenter de choisir leur destin ?
Révolutions françaises... le dernier jour, nous entendrons les échos de ces révolutionnaires qui, depuis les assemblée et les discours de 1789 et de tout le siècle qui a suivi, nous feront plonger dans ces histoires encore trop méconnues ou fantasmées dont pourtant, nous héritons. Ce dernier jour sera aussi l’occasion d’explorer certaines des questions qui ont passionné les gilets jaunes en révolte, dont notamment celle de la souveraineté populaire, en allant chercher ensemble les moments historiques d’où elles ont émergé et au cours desquels elles ont enflammé les débats.

Cet événement est auto-financé, notre seul objectif est de rentrer dans nos frais. La participation proposée est de 7€ à 10€ par jour et par personne, sur la base d’une contribution libre en fonction des moyens de chacun, ces frais incluant les repas et le logement (en dortoir ou camping).
Un appel à contribution a été lancé via helloasso, on peut le retrouver en suivant ce lien.
Nous répondrons à toutes questions, demande d’inscription à la liste d’infos, de communication de documents, etc., dans la limite de nos disponibilités et de leur adéquation avec ce qui est ici présenté.

Quelques « montagnards » impliqués dans l’École de la Terre,
Juin 2019
ecoledelaterre [arobase] riseup [point] net


P.-S.

Merci de signaler votre présence en envoyant un mail à l’adresse indiquée, afin que nous puissions compter les convives pour les repas et les couchages !