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Chronique d’une violence médiatique et policière :

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Avant de lire, il faut avoir suivi un peu les infos. Donc vous pouvez vous référez aux articles de La Bogue : Emeutes à Beaubreuil : “Nous sommes en guerre”... contre la police ! et du Populaire (désolé) :

  1. À Limoges, une interpellation policière houleuse et filmée suscite l’indignation à Beaubreuil
  2. Des incidents ont éclaté à Beaubreuil et la Bastide ce mercredi soir, le maire de Limoges réagit sur Internet
  3. Le chef de la police revient sur les violences urbaines à Limoges : « Ce n’est pas du tout une révolte sociale, c’est une révolte des trafiquants »

Chronique d’un violence médiatique et policière : lectures du journal Le Populaire du Centre

Quand je lis Le Populaire, une sensation violente et désagréable surgit. Moi, qui pensait être à l’abri le temps de ma lecture. Dans ce face-à-face avec le papier, c’est la police qui me parle. C’est devenu une irruption quotidienne dans ma vie de confinée.

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C’est affolant de voir autant de dégueulasserie propagée par un journal local.
Doucement ! Parfois, il y a des articles intéressants, je ne dis pas… Et, l’horoscope est super, c’est ce que je préfère personnellement.

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En lisant les articles sur les émeutes à Beaubreuil, je me prends comme un violent retour de bâton (« matraque » serait plus approprié) dans la gueule, celui des violences des flics et du mépris des médias pendant les évènements des Gilets jaunes.

Mes yeux se brouillent, me piquent. Une sensation familière… Une brûlure caractéristique !
Oui ! Mon nez reconnaît l’odeur, je pleure. C’est bien une volute de fumée de gaz lacrymogène qui revient à mes souvenirs. Ah, Le Populaire, ma madeleine de Proust de la répression policière !

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Petite anecdote en passant, la première fois que je me suis pris du gaz lacrymogène par les keufs (de la gazeuse, comme on dit), j’avais 12 ans environ, dans un hall d’immeuble à la Bastide. À leur arrivée, de peur nous avions couru et ils nous ont coincés dans le hall. Ils nous ont gazés en nous insultant de « rats », minots que nous étions. Chouette anecdote, n’est-ce pas ?

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Je lis, précautionneusement, en me disant que j’aurai des informations sur l’actualité…
Non, rien de tout ça. Que des allégations…

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Mais savez-vous que l’ « objectivité journalistique » peut se faire en-dehors de la mire d’un LBD qui vise à bout portant une personne à terre ?

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Je vois déjà leur rire : « oh quelles belles photos ! » , « ça c’est vendeur ! » en s’amusant des émeutes : « une parti de cache-cache »… Pour eux, c’est un jeu d’enfant sans conséquences…

Au demeurant, pourquoi pas. C’est vrai que c’est beau une annexe de mairie qui prend feu ou des caméras de surveillance qui se décrochent, les unes après les autres, comme dans une attraction de fête de quartier.
Des piñatas à l’échelle d’une émeute. C’est touchant !

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Mais pensez-vous qu’il est utile de diffuser les propos diffamatoires d’un maire qui part en roue libre ? D’un commissaire qui s’excuse à peine des violences de ses policiers (et qui le font passer pour une victime en disant qu’il est en arrêt maladie à présent... C’est plus facile que de lui mettre une mesure disciplinaire, bravo !).

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Tout change en ce moment, le printemps est là.
Nous assistons à une magnifique mutation, le maire de Limoges devient un chien policier. Dressé à voir de la drogue partout, il n’a plus que ça en tête. Obsédé par sa quête. Il aboie, il ne mord pas encore. Mais attention !
Son Maître-Chien se désole des « bavures » mais continue à fustiger les classes laborieuses pour en faire des cibles surnuméraires sur son « terrain de jeu »...

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Cette méthode de chien policier (les politiciens) et de chien de garde (les journalistes) me fait penser au Marteau de Maslow (concept capturé par le capital sous ses formes managériales. L’analogie reste pourtant intéressante).
Regardons : « Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous tendez à voir tout problème comme un clou. »
Eux, leur outil, ce sont les sources policières et les clous : des « délinquants sauvageons dealers ».
Autre histoire de Marteau : Los Angeles : les libertés civiles entre le marteau et la drogue

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La pandémie des violences policières, vous l’avez entendue ? 5 morts lors de contrôles policiers, des banlieues qui se révoltent. Non, inconnue au bataillon ?

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La guerre est ouverte… et ce n’est pas du fait des habitants du quartier de Beaubreuil. C’est vous – chroniqueurs et politiciens malintentionnés – qui propagez le récit policier comme Vérité Absolue… CONFINEZ-VOUS COMME TOUT LE MONDE !

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Ce n’est plus un jeu… La vie est belle, le destin s’en écarte, personne ne joue avec les mêmes cartes. Vous quadrillez le quartier mais nous le connaissons mieux que vous. Nous sommes solidaires et vous êtes impuissants.

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Signé un ancien habitant de Beaubreuil, entouré de barres d’immeuble, d’autoroute, de forêts et de déchets.



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C.R.A.S.H.